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Recep Tayyip Erdogan est aux abois. Eclaboussé par un scandale de corruption sans précédent qui a poussé à la démission trois de ses ministres, le Premier ministre turc tire à vue. Dans sa ligne de mire : la confrérie Gülen,un mouvement sociétal et religieux qui compte plusieurs centaines de milliers de sympathisants réunis autour d’une figure majeure, Fethullah Gülen, un imam âgé de 75 ans, exilé aux Etats-Unis depuis quinze ans. Erdogan accuse la confrérie, qu’il qualifie sans la nommer d’ « Etat dans l’Etat », d’avoir fomenté un « complot » contre le gouvernement. La puissante nébuleuse, fidèle alliée d’hier de l’AKP et solidement implantée dans les sphères de la police et de la justice, est devenue l’ennemi à abattre.Ce séisme politique était-il prévisible? Et quelles sont ses conséquences? La confrérie Gülen a-t-elle le pouvoir et la volonté de faire tomber le gouvernement? Et cette guerre fratricide ne cache-t-elle pas une bagarre entre deux tendances de l’islam? Cette crise n’est-elle pas le signe d’un essoufflement de la démocratie turque?Ces luttes intestines au sommet de l’Etat menacent l’autorité du Premier ministre turc, déjà affaibli par les spectaculaires manifestations populaires de juin dernier. Depuis 2010, la dérive autoritaire d’un chef de gouvernement qui se rêve en sultan moderne a révélé les failles institutionnelles de la Turquie. L’Etat turc, extrêmement centralisé, jacobin, montre ses limites.

Références

L'équipe

Florian Delorme
Production
Doria Zénine
Réalisation
Antoine Dhulster
Collaboration
Salomé Viaud
Collaboration
Christophe Payet
Production déléguée