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Hier, le journal Le monde révélait (en même temps que 30 autres grands quotidiens internationaux) les liens secrets des familles des dirigeants chinois avec les paradis fiscaux. Des preuves concrètes sont donc désormais sur la table prouvant comment les proches des responsables chinois s’y sont pris pour s’enrichir en utilisant des comptes offshore. Ces révélations remettent sur le devant de la scène le problème endémique de la corruption qui gangrène les sphères du pouvoir. A son arrivée au pouvoir, Xi Jinping avait souligné la nécessité de lutter contre la corruption, sous peine de voir le pays et le Parti s'effondrer: "Si le problème de la corruption s'aggrave, cela mènera à la ruine du Parti et du pays!", avait-il lancé lors d'un discours devant les 25 membres du Bureau Politique du PCC.

"Nous devons avoir la détermination de lutter contre tout phénomène de corruption, de punir chaque responsable corrompu et d'éradiquer les conditions engendrant la corruption afin de remporter la confiance du peuple au travers de résultats concrets" avait déclaré Xi Jinping.

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Faut-il croire le pouvoir dans sa bataille contre la corruption? Est-elle sincère, crédible? Relève-t-elle d’un réel désir de nettoyage ou d’une logique de purges politiques devenues classique à Pékin? De quelle marge de manœuvre dispose-t-il? Car, si lutter contre la corruption est nécessaire, une guerre trop âpre pourrait tout aussi conduire à l’implosion du Parti.

En parallèle aux divulgations sur la corruption des « princes rouges », dans le même temps, mercredi dernier, s’ouvrait à Pékin un procès contre Xu Zhiyong, un militant anticorruption. Il est accusé d’avoir écrit un article intitulé « La chine a besoin d’un Mouvement des nouveaux citoyens » et demandé la publication des patrimoines des dirigeants chinois. Le porte-parole du ministère des affaires étrangères a eu beau expliquer qu’il s’agissait d’un procès « ordinaire », l’atmosphère aux alentours du tribunal (où des dizaines de policiers empêchaient les journalistes étrangers d’approcher) semble indiquer que le pouvoir s’inquiète à l’idée que d’autres que lui-même mette son nez dans la lutte anticorruption.

Références

L'équipe

Florian Delorme
Production
Doria Zénine
Réalisation
Antoine Dhulster
Collaboration
Salomé Viaud
Collaboration
Christophe Payet
Production déléguée