Des véhicules et des passants dans le quartier rebelle Tariq al-Bab d'Alep le 5 octobre 2016.
Des véhicules et des passants dans le quartier rebelle Tariq al-Bab d'Alep le 5 octobre 2016. ©Reuters - Abdalrhman Ismail
Des véhicules et des passants dans le quartier rebelle Tariq al-Bab d'Alep le 5 octobre 2016. ©Reuters - Abdalrhman Ismail
Des véhicules et des passants dans le quartier rebelle Tariq al-Bab d'Alep le 5 octobre 2016. ©Reuters - Abdalrhman Ismail
Publicité

Le siège et les bombardements russes et syriens à Alep se poursuivent depuis maintenant presque un mois. Une stratégie d'anéantissement qui rappelle étrangement celle de l'armée russe à Grozny, pendant la seconde guerre de Tchétchénie au début des années 2000.

Avec
  • Mairbek Vatchagaev Historien tchétchène, docteur en histoire, ancien prisonnier politique en Russie
  • Salam Kawakibi Chercheur, directeur du CAREP (Centre arabe de recherches et d’études politiques).
  • Isabelle Lasserre Correspondante diplomatique du Figaro, rédactrice en chef adjointe au service étranger du Figaro
  • Thorniké Gordadzé Enseignant à Sciences Po, ancien ministre géorgien en charge des relations avec l’Union européenne, ex Senior fellow à l’International Institute of Strategic studies,

En début de semaine, le général Serguei Roudskoï - de l’état-major russe - a annoncé la suspension des bombardements pour plusieurs heures durant la journée de demain. « une pause humanitaire sera mise en place le 20 octobre à Alep de 8 heures à 16 heures. (...) Les forces russes et syriennes vont suspendre pendant cette période leurs frappes aériennes et tous les autres tirs ». Après des mois de calvaires et des bombardements sans merci, Alep devrait donc connaître un court répit.

Pendant ce temps, la communauté internationale cherche toujours le moyen de faire pression sur le chef du Kremlin et son allié syrien afin de mettre fin à l’agonie de la deuxième ville du pays, mais sans trop y croire.

Publicité

Lundi, Washington et Londres envisageaient de nouvelles sanctions contre la Syrie et la Russie après l’échec de la Conférence de Lausanne samedi dernier : les délégations convoquées par John Kerry ne sont en effet pas parvenus au moindre compromis. L’UE a dénoncé avant-hier de possibles « crimes de guerre » à Alep, mais force est de constater que plus rien ne semble en mesure d’empêcher le déluge de feu qui s’abat en continu sur la partie orientale de la ville depuis la fin du mois de septembre.

Alep, ville-martyre, comme hier Grozny, capitale de la Tchétchénie, réduite en 1994 et 1999 en champ de ruines, deux villes rebelles qui font face à la même stratégie russe, celle de l’anéantissement total. Le Kremlin assume d’ailleurs le parallèle avec un certain cynisme, l’ambassade de Russie aux USA a ainsi twitté : « Grozny est aujourd’hui une ville paisible moderne et excitante, n’est-ce pas la solution que nous recherchons tous, John Kerry ? #Alep ».

Alors, en quoi consiste la stratégie russe visant à faire d’Alep un exemple comme l’a été Grozny? Pourquoi rapprocher ces deux théâtres d’opérations ? Que nous apprennent-ils du jusqu’au-boutisme du régime russe et de l’impuissance de la communauté occidentale ?

Une émission préparée par Tiphaine de Rocquigny.

L'équipe