De la Mecque à Kerbala : entre rite religieux et divertissement : épisode 3/4 du podcast "La marche"

Pèlerins musulmans pendant le Hajj, marchant autour de la Kaaba au sein de la mosquée masjid al-Haram, à La Mecque, Arabie Saoudite, 17/09/2016
Pèlerins musulmans pendant le Hajj, marchant autour de la Kaaba au sein de la mosquée masjid al-Haram, à La Mecque, Arabie Saoudite, 17/09/2016 ©AFP - Mikhail Voskresenskiy
Pèlerins musulmans pendant le Hajj, marchant autour de la Kaaba au sein de la mosquée masjid al-Haram, à La Mecque, Arabie Saoudite, 17/09/2016 ©AFP - Mikhail Voskresenskiy
Pèlerins musulmans pendant le Hajj, marchant autour de la Kaaba au sein de la mosquée masjid al-Haram, à La Mecque, Arabie Saoudite, 17/09/2016 ©AFP - Mikhail Voskresenskiy
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Le Hajj à la Mecque, le pèlerinage chiite à Kerbala ou encore celui de Saint-Jacques-de-Compostelle: si les pèlerins se rendent dans ces lieux saints pour des raisons spirituelles, ces voyages sont aussi de véritables aubaines économique pour les territoires qui en sont la destinée.

Avec
  • Elena Zapponi chercheuse en anthropologie à la chaire d'anthropologie religieuse de l'Université La Sapienza de Rome.
  • Leïla Seurat Chercheuse associée au Centre de Recherches Sociologiques sur le Droit et les Institutions pénales (CESDIP) et à l’Observatoire des Mondes Arabes et Musulmans (OMAM)
  • Fariba Adelkhah anthropologue, chargée de recherches au Centre d'études et de recherches internationales (CERI) à Sciences-Po.

Traditionnellement, le pèlerinage à la Mecque, le Hadj, doit être accompli par tout fidèle au moins une fois dans sa vie , c’est le 5ème pilier de l’Islam. Pourtant, l’année dernière, pour la première fois depuis près de trente ans, aucun pèlerin venu d’Iran n’a pu s’y rendre.

Les tensions entre Téhéran et Riyad ont donc eu raison de la neutralité du « nombril de la Terre », de la « mère des cités », théâtre en septembre 2015 d’une bousculade tragique qui avait fait 2300 morts selon l’AFP, dont de nombreux Iraniens.

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Cette année, l'Arabie Saoudite a appelé les pèlerins iraniens à se rendre, plutôt qu’à la Mecque, sur les lieux saints chiites, en particulier à Kerbala en Irak. Cette ville située à 80 km de Bagdad, où des millions de musulmans chiites commémorent chaque année le martyr de l’imam Hussein, assassiné en 680 par les troupes du calife omeyyade. L’occasion pour les chiites du monde entier d’affirmer leur existence et leur identité alors que les tensions religieuses, notamment en Irak, continuent de se traduire par des attentats meurtriers.

Mais c’est aussi une quête d’identité, quête de soi et quête de sens, qui pousse chaque année des milliers de marcheurs à suivre les chemins de Compostelle, empruntés depuis le XXème siècle par les pèlerins catholiques.

Un peu partout dans le monde, la marche religieuse connaît un tel succès qu’elle est devenue, pour les agences de voyage, les hôtels et les villes-étapes, une véritable aubaine économique : l’Arabie saoudite, qui va ouvrir le plus grand hôtel du monde à la Mecque, espère attirer vingt millions de Pèlerins en 2020 et pallier ainsi la baisse de ses revenus pétroliers.

Quelles sont les potentialités derrière ces rites religieux ? Que révèlent ces pèlerinages de la quête d’identité dans laquelle se lancent ces croyants ? Que disent-ils des tensions confessionnelles, sociales et même géopolitiques qui traversent le Moyen Orient ?

Une émission préparée par Tiphaine de Rocquigny.

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