De Pristina à Sarajevo : sur la route des Balkans (1/4) - Quand le peuple gronde

France Culture
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Avec
  • Catherine Samary économiste, spécialiste des Balkans et de l’espace Yougoslave.
  • Mona Foscolo docteur en Science Politique, spécialiste de la Bulgarie.
  • Florian Bieber directeur du Centre d’Etude du Sud-est européen (Université de Graz).

En février dernier, des manifestants en colère brûlaient et saccageaient le siège de la présidence à Sarajevo et d'autres immeubles des administrations régionales dans plusieurs villes, notamment à Tuzla dans le nord du pays et à Mostar au sud. Cette explosion de colère sociale était sans précédent en Bosnie.

Un peu plus d'un an plus tôt, c'est la Slovénie et la Bulgarie qui s'embrasaient. Dans la rue, les manifestants criaient leur rage et leurs frustrations face à une élite politique corrompue, un taux de chômage galopant et des privatisations arbitraires.

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En 2009, la crise économique mondiale a touché les Balkans de plein fouet. Les récessions les plus graves (de 7 % à 3 % du PIB) ont touché les pays où la croissance avait été la plus forte: la Croatie, le Monténégro et la Serbie. Dans ces pays de l'ex-Yougoslavie, des Etats très jeunes, les institutions sont fragiles et peinent à réguler les abus de pouvoir de la classe politique. Face à une élite indifférente à son sort, les populations se sont rebellées pour exprimer leur désir d'une plus grande « justice sociale ».

Ces exigences de «justice sociale» l’emportent-elles sur les conflits ethniques/identitaires? Comment les pays balkaniques, encore minés par les rivalités ethniques, peuvent-ils reprendre le chemin de la croissance? Quels changements les contestations sociales de ces derniers mois ont-elles apporté?

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