Le Brésil accueille « sa » Coupe du monde (3/4) - De la favela à l'université, l'équipe espoir attend son tour

France Culture
France Culture
Publicité
Avec
  • Licia Valladares sociologue à l’Institut universitaire de recherches de Rio de Janeiro (IUPERJ), auteur de La favela d’un siècle à l’autre (Maison des sciences de l’homme, 2006).
  • Lia Rocha professeur de sociologie à l’Institut universitaire de recherches de Rio de Janeiro (UPERJ).
  • Liv Sovik professeur à l’Université fédérale de Rio de Janeiro.
  • Thaiana Rodrigues Da silva étudiante en sociologie à l’université de Rio, entrée grâce à la politique des quotas.
Culturesmonde au Brésil 10
Culturesmonde au Brésil 10
© Radio France

Un pays jeune, et riche de sa diversité… C’est l’image que renvoie généralement le Brésil, et plus encore à l’occasion de cette Coupe du monde. Pourtant, derrière les belles images véhiculées par la culture populaire, des tensions et des inégalités énormes existent au sein de cette nouvelle génération. Malgré la bolsa familia, malgré les programmes sociaux du Parti des travailleurs, la barrière raciale continue dans une large mesure de recouper celle des classes sociales.

Et dernièrement, un phénomène particulier rend compte de cette ambivalence : les rolezinhos, que l'on pourrait définir comme des virées festives des jeunes des quartiers populaires dans les grands centres commerciaux. Ces rassemblements se terminent bien souvent par une intervention de la police, et occupent une place de choix à la Une des médias. Ces rolezinhos sont-ils le signe d’une certaine frustration de la jeunesse des quartiers populaires ? Sont-ils le signe d’un relatif échec des politiques sociales menées pour désenclaver les favelas ?Des quartiers particulièrement délaissés des grandes ville que, depuis quelques années, les pouvoirs publics tentent de pacifier par l’intermédiaire de polices de proximité, les unités de police pacificatrice, mais aussi de programmes sociaux plus larges destinés à les sortir de la misère et de l’exclusion sociale.

Publicité

Pour y parvenir, il faudra relever un défi de taille celui de l’accès aux études. Aujourd’hui, les étudiants issus de l’enseignement secondaire public, réservé aux plus pauvres, sont largement minoritaires dans l’enseignement supérieur public, lui, très sélectif. Aussi, plusieurs grandes universités du pays mènent depuis le début des années 2000 des politiques de discrimination positive, pour favoriser l’entrée des jeunes issus des quartiers populaires, ou issus des minorités. La légitimité de ces politiques inclusives a été confirmée par la cour suprême de Brasilia en 2012.

Où en est aujourd’hui ce chantier de la diversité sociale et raciale dans le plus grand pays d’Amérique latine ? Les études, les opportunités, vont-elles vraiment arriver jusqu’au cœur des favelas ? Vont-elles « changer » la vie dans ces quartiers populaires au cœur des politiques du PT ?

L'équipe