Legislators from the main opposition Kuomintang (KMT) display placards that read "Strongly oppose the lifting (of a) ban on nuclear polluted food from Japan" at the Parliament in Taipei, on November 18, 2016.
Legislators from the main opposition Kuomintang (KMT) display placards that read "Strongly oppose the lifting (of a) ban on nuclear polluted food from Japan" at the Parliament in Taipei, on November 18, 2016.
Legislators from the main opposition Kuomintang (KMT) display placards that read "Strongly oppose the lifting (of a) ban on nuclear polluted food from Japan" at the Parliament in Taipei, on November 18, 2016. ©AFP - Sam Yeh
Legislators from the main opposition Kuomintang (KMT) display placards that read "Strongly oppose the lifting (of a) ban on nuclear polluted food from Japan" at the Parliament in Taipei, on November 18, 2016. ©AFP - Sam Yeh
Legislators from the main opposition Kuomintang (KMT) display placards that read "Strongly oppose the lifting (of a) ban on nuclear polluted food from Japan" at the Parliament in Taipei, on November 18, 2016. ©AFP - Sam Yeh
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Résumé

Départ pour la Chine et le Japon ce matin où nous évoquerons la question du nucléaire. Une énergie polluante et dangereuse pour l'homme, mais qui ne participe pas du réchauffement climatique. Longtemps disputé, le nucléaire pourrait-il être remis au goût du jour?

avec :

Dominique de Rambures (ancien banquier international, professeur à l’Université Paris I.), Patrick Criqui (économiste, directeur de recherche au CNRS au laboratoire d’économie appliquée de l’Université de Grenoble.), Mathieu Gaulène (chercheur doctorant au Centre de recherche sur les risques et les crises (CRC) de MINES ParisTech.).

En savoir plus

Alors qu’en France, le gouvernement semble avoir renoncé à sa promesse de réduire la part du nucléaire dans la production d’électricité et que la Grande-Bretagne s’apprête à démarrer deux nouveaux réacteurs à Hinkley Point, les divergences sur la place de l’atome sont toujours aussi fortes entre les pays européens. De l’Allemagne à l’Espagne en passant par la Suède, le débat reste vif entre les partisans de l’énergie « propre et rentable » que serait le nucléaire et les opposants, qui dénoncent les dangers de centrales vieillissantes, productrices de déchets hautement toxiques.

En 2014, le nucléaire a fourni près de 11% de l’électricité produite dans le monde. Une électricité sans effet de serre qui, pour beaucoup, constitue le seul moyen d’atteindre l’objectif des 2° fixé par les Accords de Paris sur le climat.

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Alors, la transition énergétique pourra-t-elle se passer du nucléaire? Peut-on faire l’économie d’une énergie qui représente près de 80% de la production française d’électricité et qui apparaît de plus en plus en Chine comme une alternative au charbon ?

Faut-il suivre l’exemple suédois du 100% renouvelables ? Ce modèle fonctionne-t-il vraiment et est-il transposable ? Et quelle est la tendance en Asie plus de cinq ans après l’accident de la centrale de Fukushima ? Alors que le Japon vient de signer un contrat sur le nucléaire civil avec l’Inde, la catastrophe de mars 2011 n’aura-t-elle finalement pas eu d’impact sur les pays voisins ? Quel rôle pour le nucléaire dans la transition énergétique ?

Une émission préparée par Tiphaine de Rocquigny

Pour en savoir plus, rendez vous sur la page de Patrick Criqui du site The Conversation.

Ce qui se passe en ce moment, avec la mise en examen et l'arrêt des tranches nucléaires en France, cela démontre la dépendance et la capacité de l'autorité de sûreté nucléaire à prendre très sérieusement les questions de sûreté et à imposer à l'opérateur. Sur l'état du parc nucléaire, il faut regarder la question des cuves des réacteurs. Il faut voir si les multiples essais réalisés actuellement vont permettre ou non de redémarrer ces réacteurs. Mathieu Gaulène, chercheur doctorant au Centre de recherche sur les risques et les crises (CRC) de MINES ParisTech.

Il peut y avoir des situations de tension. S'il y a des vagues de froid particulièrement marquées, il peut y avoir des tensions sur le parc. Tout dépend de savoir si ces tensions peuvent être compenser par des échanges avec nos partenaires. Mathieu Gaulène. 

Dans la loi de transition énergétique, il y a beaucoup de flou. Ce qui est bien indiqué c'est le cap actuel. Le cap donné aujourd'hui, c'est bien la réduction de 50% de l'électricité au nucléaire d'ici 2050. La première question à se poser, c'est est-ce qu'on prend ce chiffre, 50%, de manière littérale, ou est-ce qu'on prend ce chiffre comme un moyen de rééquilibrer les parcs électriques. Patrick Criqui, économiste, directeur de recherche au CNRS au laboratoire d’économie appliquée de l’Université de Grenoble.

Pour le moment, la preuve n'est pas faite que l'on peut faire avancer suffisamment les énergies renouvelable. Le mouvement est lancé, c'est encourageant, mais on a pas encore la preuve que cela sera suffisant d'ici 2050 pour réduire les gaz de CO2, produits par le secteur électrique. Patrick Criqui

Nos voisins allemands ont un processus très attentif de suivi de la transition énergétique, ils observent ce qui se passe, et connaissent les enjeux majeurs, à savoir la sortie du charbon. Cela peut faire réviser les politiques. Mathieu Gaulène.

Pourquoi l'Europe n'a pas su profiter de la place privilégiée de la France dans le nucléaire ? 

Il y a eu plusieurs erreurs stratégiques grave qui ont été commises concernant Areva. La principale erreur était de croire qu'une entreprise pouvait construire à elle seule, un réacteur d'EPR, et en particulier le réacteur finlandais, qui connait encore beaucoup de difficultés. Pourquoi l'Europe n'a pas pris en charge cette production nucléaire ? On sait que le couple franco-allemand est le cœur de l'Europe. Mais quand, sur un sujet aussi important, les visions sont aussi antagoniques, cela engendre des ratés. Patrick Criqui

Alors, quel avenir pour l'industrie nucléaire mondiale ? 

Il est clair que dans l'état actuel, c'est bien en Asie que se joue une bonne partie de l'essor du nucléaire, les Chinois sont en position montante. Patrick Criqui

La Chine fait le choix du nucléaire pour sortir du charbon. Mais est-ce un pari qui peut s'avérer gagnant ? La Chine peut-elle répondre à la hausse de la demande en terme d'énergie ? 

La Chine n'a pas fait que le pari du nucléaire, elle investit aussi beaucoup dans les énergies renouvelable. Le cas de la Chine est différent, car il y a un très forte dynamique de la demande. La Chine doit faire face à une demande qui demeure en forte croissance. Les dirigeants centrale veulent sortir du charbon, pour produire une électricité nucléaire et du renouvelable. Patrick Criqui

Références

L'équipe

Florian Delorme
Production
Charlotte Roux
Réalisation
Tiphaine de Rocquigny
Production déléguée
Samuel Bernard
Collaboration
Clémence Allezard
Collaboration