France Culture
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Cette semaine, Culturesmonde se consacre aux réparations. Nous explorerons les différentes formes de réparation, du crime irréparable de l'esclavage, aux class actions, quand les citoyens poursuivent l'entreprise, en passant par les réparations post-conflit entre dettes de guerre et commémorations. Et ce matin : Rwanda, Afrique du Sud... les systèmes de justice parallèles.

Pancarte annonçant la tenue prochaine d'un "gacaca" : tribunal communautaire de villageois, au Rwanda
Pancarte annonçant la tenue prochaine d'un "gacaca" : tribunal communautaire de villageois, au Rwanda
- Dave Proffer

Après avoir vécu un terrible génocide, le Rwanda se devait de juger les responsables pour espérer retrouver la paix, reconstruire la société et rétablir le dialogue social. Or, l’ampleur du dernier génocide du 20ème fut telle, entre 800 000 et 1 millions de Tutsis Rwandais sont morts, et la participation de la population si tristement partagée qu’il était presque impossible qu’ils passent tous devant des tribunaux classiques, modernes. Certains spécialistes avaient même évalué qu’il aurait fallu près d’un siècle tant leur nombre était élevé.

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La mise en place du TPIR : Le Tribunal pénal international pour le Rwanda, en novembre 1994, n’était donc qu’un volet de la réponse judicaire, le moins important au regard du nombre de personnes concernées. L’autre volet, c’est celui que l’on retrouve derrière les dispositifs mis en place par Kigali les Gacaca , littéralement « herbe douce », ces tribunaux communautaires de villages.

Créées en 2001, les juridictions Gacaca ont permis de juger la majeure partie des auteurs présumés du génocide en presque 10 ans. La fermeture officielle remonte à juin 2012.

Quel bilan peut-on en faire aujourd’hui ?

Comment les différentes personnes impliquées dans ces procédures - rescapés, détenus, témoins, juges– perçoivent-elles, aujourd’hui, ces juridictions ? Quels effets ont-elles eu sur la réconciliation ? Est-ce cette justice parallèle a permis d’établir des réparations satisfaisantes ? Et d’ailleurs, comment fonctionnait-elle ?

C'est à toutes ces questions que nous essayerons de répondre ce matin et pour cela nous avons invité Hélène Dumas , docteur en histoire à l’EHESS, auteur de Le génocide au village .

Et puis c’est devenu presque une figure imposée après une crise majeure sur le continent : la Commission vérité et réconciliation. Afrique du sud, Liberia, Sierra Leone, Togo, Côte d’ivoire, les exemples ne manquent pas. Mais quelle est réellement l’efficacité de ces institutions ?

Nous en parlerons avec Sandrine Lefranc .

Enfin, nous irons vers le Pakistan : un pays où les querelles se résolvent parfois grâce à ce qu’on appelle « swara », une coutume consistant à donner en guise de « compensation » une fillette à la famille offensée. Et qui peine à disparaître malgré les efforts des militants et des associations, comme nous le dira Fazal Khaliq .

Une émission préparée par Tiphaine de Rocquigny et Marie Mougin

Cette semaine sur vos ondes de 11h à 11h50:

►►►Le Temps des réparations

lundi: Esclavage: réparer l'Histoire

mardi: Walmart, Soma, Technicolor : quand les citoyens poursuivent l’entreprise

mercredi: Japon, Corée, Allemagne : Après la guerre

jeudi: Des tribunaux gacaca aux conseils de village : une justice parallèle

Références

L'équipe

Florian Delorme
Production
Tiphaine de Rocquigny
Collaboration
Peire Legras
Réalisation
Clémence Allezard
Collaboration
Xavier Martinet
Xavier Martinet
Xavier Martinet
Production déléguée