Gay Pride(San Francisco) célébrant la décision de la Cour Suprême sur le mariage
Gay Pride(San Francisco) célébrant la décision de la Cour Suprême sur le mariage ©Reuters - Elijah Nouvelage
Gay Pride(San Francisco) célébrant la décision de la Cour Suprême sur le mariage ©Reuters - Elijah Nouvelage
Gay Pride(San Francisco) célébrant la décision de la Cour Suprême sur le mariage ©Reuters - Elijah Nouvelage
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Comment se fabriquent ces identités dans des contextes sociaux & juridiques parfois très répressifs? Comment se muent-elles face à des législations telles que le "mariage pour tous" qui égalisent les droits et effacent des particularismes discriminatoires? Égalité...au détriment de l'identité?

Avec
  • Sam Bourcier Activiste queer et sociologue, maître de conférences à l'université Lille III, fondateur du collectif Le Zoo.
  • Alice Nkom avocate camerounaise, militante des droits de l’homme et tout particulièrement des droits LGBTI, fondatrice de la première association LGBTI camerounaise (Adefho)
  • Louis-Georges Tin président du Conseil représentatif des associations noires de France (Cran), fondateur de la Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie

L’année dernière, un tribunal français ordonnait aux services de l’état-civil de corriger l’acte de naissance d’une personne intersexuée afin d’y apposer la mention de sexe « neutre ». Or, le 21 mars dernier, cette décision a été infirmée par la Cour d’appel d’Orléans, les magistrats considérant « qu’admettre la requête de Monsieur X reviendrait à reconnaître, sous couvert d’une simple rectification d’état civil, l’existence d’une autre catégorie sexuelle ». Si la bataille du troisième sexe, le genre « neutre », intersexué, n’est pas encore gagnée, cet exemple montre qu’elle est plus que jamais en débat et que le droit y jouera forcément un rôle.

Comment se construisent les identités sexuelles ? Quels impacts les avancées en matière de droit ont-elles sur leurs constructions et leurs évolutions ? Et quelles sont les grandes avancées notables ?

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Et d’ailleurs, de quoi parle-t-on lorsqu’on parle « d’identité sexuelle », « d’identité homosexuelle », d’identité « gay », « lesbienne » ou « transgenre » ? N’y a-t-il pas des identités diverses et variées ? Et, finalement, ne sont-elles pas le résultat d’une construction dans laquelle le référentiel reste l’hétérosexualité ?

Dans les années 1990 apparaissent aux USA de nouveaux travaux que l’on rassemblera plus tard sous le label « théorie queer » avec l’ouvrage fondateur de la sociologue Judith Butler, « Gender Trouble » (= « Trouble dans le Genre »), dans lequel elle propose une nouvelle approche de la sexualité et du genre et réfute l’hypothèse de l’existence d’une identité derrière les actes censés « exprimer » le genre. Ces actes ne seraient que l’illusion d’une identité de genre.

Alors dans ce nouveau contexte de découplage entre genre et sexualité, où il n’y aurait plus 2 genres, ni même 3 genres, mais n-genres, c'est-à-dire autant de genres que de pratiques – et donc d’individus : comment les queer appréhendent-ils les luttes homosexuelles ? Quelle place la théorie queer laisse-t-elle au droit, aux lois, dans la lutte contre les violences et les discriminations ? Comment atteindre l’égalité sans politique des droits sexuels ?

Une émission préparée par Clémence Allezard

L'équipe

Florian Delorme
Florian Delorme
Florian Delorme
Production
Charles Le Gargasson
Réalisation
Tiphaine de Rocquigny
Tiphaine de Rocquigny
Tiphaine de Rocquigny
Collaboration
Peire Legras
Réalisation
Clémence Allezard
Collaboration
Xavier Martinet
Xavier Martinet
Xavier Martinet
Production déléguée