La Commissaire européenne à l'emploi Marianne Thyssen  dénonçait le caractère discriminant de la "clause Molière", adoptée dans plusieurs régions françaises en mars 2017.
La Commissaire européenne à l'emploi Marianne Thyssen dénonçait le caractère discriminant de la "clause Molière", adoptée dans plusieurs régions françaises en mars 2017.
La Commissaire européenne à l'emploi Marianne Thyssen  dénonçait le caractère discriminant de la "clause Molière", adoptée dans plusieurs régions françaises en mars 2017. ©AFP - Alexandros Michailidis
La Commissaire européenne à l'emploi Marianne Thyssen dénonçait le caractère discriminant de la "clause Molière", adoptée dans plusieurs régions françaises en mars 2017. ©AFP - Alexandros Michailidis
La Commissaire européenne à l'emploi Marianne Thyssen dénonçait le caractère discriminant de la "clause Molière", adoptée dans plusieurs régions françaises en mars 2017. ©AFP - Alexandros Michailidis
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Résumé

En France ou dans les espaces de la francophonie, la glottophobie et les discriminations linguistiques persistent. Qui est concerné par la glottophobie ? Que dit-elle de nos élites, de nos lois, et plus encore, de nos démocraties ?

avec :

Philippe Blanchet (Enseignant-chercheur en socio-linguistique et didactique de la communication, professeur à Rennes 2), Richard Y. Bourhis (Professeur de psychologie à l’université du Québec, à Montréal, spécialiste de la discrimination et des relations intergroupes, ancien directeur du Centre d'études ethniques des universités montréalaises (CEETUM)), Fouzia Benzakour (Professeure et chercheure à l'Université de Sherbrooke et professeure émérite de l'Université de Rabat).

En savoir plus

Ces dernières semaines, plusieurs collectivités territoriales ont adopté une mesure imposant l’usage de la langue française sur les chantiers publics. Cette mesure - la mal nommée « Clause Molière » - supposée lutter contre le travail détaché ne cesse de provoquer des polémiques.

Ces défenseurs invoquent des arguments liées à la sécurité, les consignes et les normes seraient mieux comprises et respectées si elles sont exprimées dans la langue de Molière, ses opposants y voyant surtout une mesure visant à privilégier les ouvriers français sur les étrangers.

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Quoiqu’il en soit cette mesure a fait grand bruit, contrairement à la loi de modernisation de la justice du XXIe siècle, passée en catimini le 18 novembre dernier et qui modifie l’article 225 du code pénal sur les discriminations, en y ajoutant les discriminations linguistiques, une première dans le droit français !

Nous allons parler ce matin de cette langue qui discrimine, ce que certains appellent la glottophobie, un terme forgé par Philippe Blanchet, sociolinguiste, qui le définit ainsi : « _le mépris, la haine, l’agression, le rejet, l’exclusion, de personnes, discrimination négative effectivement ou prétendument fondés sur le fait de considérer incorrectes, inférieures, mauvaises certaines formes linguistiques usitées par ces personnes, en général en focalisant sur les formes linguistiques et sans toujours avoir pleinement conscience de l’ampleur des effets produits sur les personne_s».

Alors qu’est-ce que la glottophobie ? Qui concerne-t-elle ? Comment se construisent les processus de domination d’une langue, d’un parler, sur un autre ? Quels sont les enjeux de la glottophobie ? Comment les autres pays gèrent-ils l’usage de leurs langues dites « minoritaires » ?

Nous verrons aussi que le pouvoir discriminant du français s’étend bien au-delà des frontières de la France, nous nous intéresserons au Maroc mais aussi au Canada.

Une émission préparée par Sarah Gyé-Jacquot

Références

L'équipe

Florian Delorme
Production
Charlotte Roux
Réalisation
Tiphaine de Rocquigny
Production déléguée
Samuel Bernard
Collaboration
Clémence Allezard
Collaboration