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A une semaine des élections législatives, CulturesMonde se consacre jusqu’à jeudi à la Turquie… Les tentations absolutistes d’Erdogan et un contexte régional en crise semblent avoir définitivement eu raison de la stabilité qu’avaient instaurée jusque-là les 13 ans d'hégémonie de l’AKP (parti de la Justice et du Développement, au pouvoir depuis 2002)- résultat, le 7 juin dernier l’AKP perdait sa majorité, et le HDP, formation pro-kurde faisait son entrée pour la première fois au Parlement. Dans la foulée, au nom de la lutte contre le terrorisme, le cessez-le-feu avec le PKK était rompu, et au nom cette fois de la flambée de violences ce sont les libertés de la presse, de manifester et des minorités qui se retrouvaient sacrifiées. A une semaine du scrutin, quelles sont les forces politiques en présence ? Ce scrutin sera-t-il sain, impartial? Et une question essentielle… Recep Tayyip Erdogan est-il responsable de la spirale de la violence ? Spirale de la violence qui a atteint son acmé le 10 octobre dernier alors qu’un double attentat frappait la capitale Ankara…

Rassemblement en mémoire des victimes du double-attentat d'Ankara du 11 octobre (17.10.2015, Ankara)
Rassemblement en mémoire des victimes du double-attentat d'Ankara du 11 octobre (17.10.2015, Ankara)
© Reuters - Umit Bektas

97 morts et des centaines de blessés selon un décompte officiel.

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102 morts et 246 blessés selon le HDP.

Ou encore 128 morts et 500 blessés selon une association de médecins…

Dans les trois cas, le double attentat d’Ankara - non revendiqué à ce jour - est le plus meurtrier de l’histoire de la Turquie moderne… survenu, ironie tragique, lors d’un rassemblement pour la paix.

Une manifestation où étaient présents en nombre les représentants du HDP : la formation pro-kurde qui avait provoqué la surprise au scrutin de juin dernier en réalisant un score de près de 14% - bien au-dessus donc de la barre fatidique des 10% qui permettent une entrée au parlement… et privant ainsi l’AKP au pouvoir depuis 2002 de sa majorité absolue, brisant net aussi jusqu’à nouvel ordre les velléités de changement de la Constitution et de présidentialisation du pouvoir d’Erdogan… qui requérait un vote majoritaire à l’Assemblée.

Erdogan a-t-il polarisé sciemment la scène politique pour pouvoir incarner à lui seul « le rempart » au terrorisme, à la violence, à l’instabilité ?

Joue-t-il à « la politique du pire » ?

Quelles sont les autres forces politiques en présence ? Qui pour se coaliser avec l’AKP si le parti ne remporte pas de majorité absolue aux élections prochaines ? Erdogan pourrait-il s’allier avec les ultras nationalistes du MHP ou avec les sociaux-démocrates du CHP, le parti kémaliste, principale force d'opposition?

Nous nous intéresserons de près à ce petit parti porteur de « l’esprit de Gezi »: le HDP, qui a su rassembler bien au-delà de l’électorat kurde, en faisant sienne la défense des droits des minorités mais pas de la seule minorité kurde : ceux de la communauté LGBT ou encore des femmes, qui sont au cœur de son programme… Progressiste, multi ethnique, multi identitaire à l’image même de son charismatique leader, Selahattin Demirtaş, le HDP a su rallier la gauche libérale et la gauche socialiste, que le virage autoritaire d’Erdogan a détournées de l’électorat de l’AKP.

**Une émisison préparée par Clémence Allezard **

**TURQUIE: RETOUR AUX URNES ENTRE DEUIL ET COLERE **
**lundi: Le pari d'Erdogan "moi ou le chaos" **

mardi: Crise migratoire: nouveau pivot de la démocratie turque

mercredi: Droits & libertés: le grand repli

jeudi: Kurdes: l'horizon lointain de la paix

Références

L'équipe

Florian Delorme
Production
Tiphaine de Rocquigny
Collaboration
Peire Legras
Réalisation
Clémence Allezard
Collaboration
Xavier Martinet
Xavier Martinet
Xavier Martinet
Production déléguée