The ozone layer that shields the Earth from the Sun's harmful ultraviolet (UV) rays is showing signs of thickening, after years of getting thinner.
The ozone layer that shields the Earth from the Sun's harmful ultraviolet (UV) rays is showing signs of thickening, after years of getting thinner. ©AFP - Manuel Cohen
The ozone layer that shields the Earth from the Sun's harmful ultraviolet (UV) rays is showing signs of thickening, after years of getting thinner. ©AFP - Manuel Cohen
The ozone layer that shields the Earth from the Sun's harmful ultraviolet (UV) rays is showing signs of thickening, after years of getting thinner. ©AFP - Manuel Cohen
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Au début de l'été 2016, un article publié dans la revue "Science" annonçait que le trou de la couche d'ozone était en voie de guérison... Une résorption du trou ? En bonne partie, en tout cas.

Avec
  • Sophie Godin-Beekmann directrice de recherche au CNRS, secrétaire de la Commission Internationale sur l’Ozone
  • Jean Louis Etienne explorateur
  • Didier Hauglustaine directeur de recherche au CNRS au laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement (LSCE)

Le trou dans la couche d’ozone au dessus de l'Antarctique serait en train de se résorber, d’après une étude anglo-américaine, publiée début juillet 2016 dans la revue Sciences. Selon cette étude, le trou de la couche d'ozone aurait rétréci de quatre millions de km², ce qui représente sept fois la surface de la France. Alors, comment expliquer cette guérison de la couche d'ozone ? 

Mais au fil des années, des annonces positives et négatives n'ont eu de cesse de se succéder, jetant le trouble dans la tête des citoyens… Alors qui croire ? Les dernières recherches publiées ont été, ici, menées par Susan Solomon, professeur réputée dans les sciences du climat et la chimie atmosphérique du MIT, une autorité en la matière. Mais doit-on pour autant se réjouir ? A l'occasion de la journée internationale de la protection de la couche d'ozone qui s’est tenue le 16 septembre, état du carnet de santé de la couche d'ozone, avec Didier Hauglustaine, directeur de recherche au CNRS au laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement (LSCE) et Sophie Godin-Beekmann, directrice de recherche au CNRS, présidente de la Commission Internationale sur l’Ozone, puis en seconde partie d'émission dans "Les échos de la terre", nous parlerons avec Jean-Louis Etienne, explorateur, de la revue n° 3 Reliefs consacrée aux Pôles, ces pôles sous haute surveillance et nous évoquerons sa prochaine expédition et son dernier livre "Inventer sa vie", Le Passeur éditeur.

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En 1985, le scientifique Joseph Farman et ses collaborateurs à la station britannique de Halley Bay en Antarctique découvrent qu'il y a un trou dans la couche d'ozone. Mais il y avait déjà eu des alertes dans les années 1970. En 1985, la Convention de Vienne  sur la protection de la couche d'ozone reconnait la nécessité d’accroître la coopération internationale pour de dégâts sur la couche d'ozone. 30 ans après, la couche d'ozone serait en train de se résorber. Pour autant, a-t-on de réelles raisons de se réjouir ? 

Le trou dans la couche d'ozone s'est agrandi dans les années 1980-1990, puis grâce au protocole de Montréal, on a pu stopper la dégradation du trou dans la couche d'ozone, on est désormais dans une phase de transition où l'on attend le début du rétablissement du trou. L'article de la revue Sciences fait état des prémices de la guérison de la couche d'ozone, ce sont les premiers signes, et il va falloir attendre un certain nombre d'années avant de voir la totale résorption du trou de la couche d'ozone. Sophie Godin-Beekmann

L'enveloppe gazeuse qui surplombe la Terre est très fragile. Cette atmosphère, c'est une couche de 100 km d'épaisseur qui protège la vie terrestre.

L'ozone est le seul constituant qui filtre les rayons ultraviolets, et qui a permis à la vie de se développer sur terre, en servant de bouclier protecteur, et en évitant les maladies, comme les cancers de la peau. Le bon ozone se trouve à très haute altitude, c'est celui qui filtre les rayons ultraviolets. Le mauvais ozone se situe plus proche de nous, l'ozone est aussi un oxydant puissant, qui peut provoquer des maladies pulmonaires graves. Sophie Godin-Beekmann

Pollution à l'ozone
Pollution à l'ozone
© AFP - Vincent Lefai, Sophie Ramis

Alors, quels sont les éléments qui altèrent la couche d'ozone ? 

Ce qui pilote l'évolution du trou dans la couche d'ozone, c'est la variation météorologiques, dans la stratosphère. On peut aussi ajouter que les événements naturels peuvent jouer un rôle, comme l'éruption du volcan Pinatubo, aux Philippines en 1991. Cela a entraîné une destruction de l'ozone, si un autre volcan du même type entre en éruption on pourra observer des effets similaires. Sophie Godin-Beekman 

Le protocole de Montréal  fait suite à la convention de Vienne, pour protéger la couche d'ozone : 

Ce qui a été décidé c'est l'arrêt des productions et le remplacement des CFC (chlorofluorocarbures) d'ici 1996 par les pays industrialisés, et l'horizon 2010 pour les pays en développement.Tous les éléments se sont réunis pour que les industriels, les politiques et les scientifiques s'accordent pour mettre en place le protocole de Montréal dès 1987. C'est une vraie "success story". On a trouvé comme solution des substituts, les HCFC (hydrochlorofluorocarbures), c'est à dire qu'on a introduit un atome d'hydrogène dans les molécules de CFC, de façon à ce que ces gaz puissent être détruits dans la troposphère. La dernière génération, ce sont les HFC (hydrofluorocarbures), dans lesquels il n'y a plus du tout de chlore. Sophie Godin-Beekman

Mais les gaz HFC sont tout de même des gaz à effet de serre important. Aujourd'hui, la communauté scientifique mondiale travaille encore pour trouver des substituts. Cela a été un succès, mais cela prend du temps pour trouver des solutions sur le long terme. Didier Hauglustaine

Quels ont été les moyens mis en place pour protéger la couche d'ozone ? 

Des satellites ont été fournis, ils fournissent des champs globaux pour avoir des mesures sur la couche d'ozone. C'est important de conserver ce dispositif instrumental pour continuer à veiller sur la couche d'ozone. Sophie Godin-Beekman 

  • La phrase que vous faites vôtre

"Le pessimisme face au futur ne doit pas être un argument supplémentaire pour l'inaction dans le présent.” Jean-Luc Mélenchon (Didier Hauglustaine)

"Science sans conscience n'est que ruine de l'âme" Rabelais (Sophie Godin-Beekmann)

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POUR ALLER PLUS LOIN EN QUELQUES CLICS

Sur la couche d'ozone

La communauté internationale s’apprête-elle à se détourner des hydrofluorocarbures (HFC)? Lors d’une réunion en octobre à Kigali (Rwanda, du 10 au 14 octobre 2016), elle pourrait s’engager vers leur élimination totale, en vertu d’un amendement au protocole de Montréal. Les dernières négociations, qui se sont achevées samedi 23 juillet à Vienne, ont été fructueuses.JOURNAL DE L’ENVIRONNEMENT, 25/07/2016

La demande en air conditionné explose dans le monde sous l’effet de l’élévation des températures. Mais paradoxalement le recours à la climatisation renforce les changements climatiques.

« …Les chlorofluorocarbures (CFC), première génération largement utilisée dans le monde, ont été prohibés en 1996 dans le cadre du protocole de Montréal, en raison de leur effet destructeur pour la couche d’ozone. La génération actuelle de réfrigérants, les hydrofluorocarbures (HFC) n’est pas nocive pour l’ozone mais dangereuse pour le climat – certains composés sont jusqu’à plusieurs milliers de fois plus «réchauffants» que le CO2 ! Après des années de discussion, l’inclusion des HFC dans le protocole de Montréal – et donc leur élimination progressive – devrait normalement être décidée au mois d’octobre prochain lors d’une réunion à Kigali au Rwanda…. »LE TEMPS.CH, 18/08/2016

La Chine a supprimé 250.000 tonnes de substances appauvrissant la couche d'ozone (SACO) au cours des cinq dernières années, ce qui représente plus de la moitié de la quantité totale éliminée par tous les pays en développement, a déclaré vendredi le ministère chinois de la Protection de l'Environnement (MPE)….QUOTIDIEN DU PEUPLE, 11/09/2016

  • La Convention de Vienne pour la protection de la couche d’ozone. Elle a été adoptée en 1985 sous l’égide du PNUE (Programme des Nations Unies pour l'Environnement - United Nation for Environment Program) et est entrée en vigueur le 22 Septembre 1988, renforcée entre temps par le Protocole de Montréal (1987). Son objectif est de limiter les risques que les activités humaines peuvent faire courir à la couche d'ozone. Elle est devenue la première convention à atteindre la ratification universelle en 2009. Pour la lire la convention cliquez ici : La Convention de Vienne pour la protection de la couche d’ozone
  • Le Protocole de Montréal, adopté le 16 septembre 1987, il rentre en vigueur le 1er janvier 1989. L'objectif final du Protocole est «l'élimination» des substances qui appauvrissent la couche d'ozone par l’obligation de l’élimination progressive de la production et l’importation de près de 100 produits chimiques qui appauvrissent la couche (CFC, halons, hydrochlorofluorocarbones (HCFC), bromures de méthyle, bromochlorométhanes, etc.). Pour lire un résumé du Protocole publié par le PNUE cliquez ici : Bref aperçu du Protocole de Montréal
  • Pour télécharger (en Word) le protocole Montréal et ses amendements (en version française) cliquez ici : Secrétariat de la Convention de Vienne et du Protocole de Montréal (Secrétariat de l'ozone) (les liens de téléchargement sont en bas de la page)
  • Pour voir le bilan du Protocole dans le rapport annuel du PNUE, cliquez ici : Rapport annuel 2014 – Le Protocole de Montréal
  • Pour lire la publication du Secrétariat de l’ozone cliquez ici : Le Protocole De Montréal : Réalisations Et Défis
  • Pour aller toujours plus loin, parcourez le site web du Secrétariat de l’ozone. Il s’agit du Secrétariat de la Convention de Vienne pour la protection de la couche d’ozone ainsi que le Protocole de Montréal relatif à des substances qui appauvrissent la couche d’ozone et fait partie du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE). Cliquez ici : Secrétariat de l’ozone (Par défaut la langue est l'anglais, entrez dans un des liens puis cliquez en haut à droite sur l’option français).
  • Pour voir l’évolution de la couche d’ozone sur la page de la Nasa (en anglais), cliquez ici : Ozone Hole Wacth
  • Pour lire l**’article où les scientifiques** J. C. Farman, B. G. Gardiner et J. D. Shanklin révèlent pour la première fois l’existence d’un trou dans la couche d’ozone, cliquez ici : J. C. FARMAN, B. G. GARDINER; J. D. SHANKLIN, Large losses of total ozone in Antarctica reveal seasonal ClOx/NOx interaction, Nature 315, pp. 207 – 210, 16 May 1985
  • Un court documentaire sur l’histoire de la découverte et de la lutte contre le trou de la couche d'ozone avec l’intervention entre autre de Jonathan Shanklin qui est un des découvreurs du trou de la couche d’ozone.

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Le PLUS et le MOINS de la semaine

  • Le PLUS : En marche pour l'extension de la réserve naturelle nationale des Terres Australes Françaises

Créée en 2006, la réserve naturelle nationale des Terres Australes Françaises rassemble les archipels de Crozet, Kerguelen, et les îles de Saint-Paul et Amsterdam. Avec 7 000 km² de surface terrestre et 15 700 km² de surface marine, elle est déjà la plus grande réserve naturelle de France. Les TAAF (Terres Australes et Antarctiques Françaises) expliquaient alors que " le principal objectif de cette réserve est la mise en protection et la gestion des espaces naturels en vue du maintien de la diversité biologique globale des Terres australes ".

Photo prise le 01 juillet 2007 de l'île des Apôtres dans l'archipel des Crozet (Terres Australes et Antarctiques Françaises).
Photo prise le 01 juillet 2007 de l'île des Apôtres dans l'archipel des Crozet (Terres Australes et Antarctiques Françaises).
© AFP - MARCEL MOCHET

Annoncée lors de la Cop21, la nouvelle extension de la réserve est rendue possible par la loi sur la Biodiversité adoptée le 20 juillet 2016 en lecture définitive. Pour Ségolène Royal, Ministre de l'Environnement, " la biodiversité doit être considérée comme un axe majeur de la lutte contre le changement climatique en accentuant ses capacités de séquestration et de stockage du carbone ", ainsi, cette loi a pour objectif de mieux concilier activités humaines et biodiversité.

L’extension de la réserve naturelle montre cette volonté avec notamment le renforcement de la protection de la biodiversité marine et « permet la création de la 5ème plus grande réserve marine du monde dans les eaux des Terres Australes Françaises » selon le Ministère de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer. Le décret d'extension est attendu avant la Cop22 (du 7 au 18 novembre2016) au plus tôt à début 2017, au plus tard.

- Sources :

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  • Le MOINS : Le réchauffement climatique, un vrai danger pour les Océans

Un rapport publié lors des congrès de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) réunis à Honolulu tire la sonnette d'alarme sur la situation des océans. Le résultat des recherches de 80 scientifiques de douze pays différents est clair : les océans vont mal et le responsable est bien connu, le réchauffement climatique…

Le blanchiment des coraux observé dans le lagon de Sekisei au Japon
Le blanchiment des coraux observé dans le lagon de Sekisei au Japon
© AFP - Manabu Kato / Yomiuri / The Yomiuri Shimbun

Le rapport très complet (460 p.) révèle que les eaux de la planète ont absorbé plus de 93 % de la chaleur supplémentaire résultant du réchauffement depuis les années 1970. Cette augmentation de la température à plusieurs conséquences graves : destructions des habitats des poissons, migrations climatiques, multiplication des bactéries et augmentation des maladies chez les populations végétales et animales ou encore un impact sur les systèmes météorologiques qui a pour résultat un accroissement des tempêtes.

"Nous savons tous que les océans font vivre la planète. Nous savons tous que les océans nous fournissent une respiration sur deux" souligne le directeur général de l’UICN, Inger Andersen "e_t pourtant, nous sommes en train de rendre malades ces océans_". Carl Gustaf Lundin, directeur des programmes marin et polaire à l’UICN, nous signale quant à lui que "nous sommes la cause de tout cela. Nous savons quelles sont les solutions", explique-t-il, avant de conclure, "nous devons diminuer radicalement le gaz à effet de serre".

- Télécharger le rapport : Explaining Ocean Warming: Causes, scale, effects and consequences, Edited by D. Laffoley and J. M. Baxter, september 2106

L'équipe

Aurélie Luneau
Aurélie Luneau
Aurélie Luneau
Production
Catherine Donné
Collaboration
Alexandra Malka
Réalisation
Anahi Morales
Collaboration