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Résumé

L'ouvrage du jour est une biographie d'André Gorz, mi-philosophe mi-journaliste qui s'est interrogé sur le problème que pose le travail à notre identité.

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Quoi de mieux que de commencer une nouvelle année, scolaire, studieuse, et laborieuse, avec André Gorz, mi-philosophe mi-journaliste, « un métis inauthentique », ou encore « un type pas vraiment sérieux » comme il le disait de lui-même, et comme le rappelle Willy Gianinazzi dans la première biographie qu'il lui consacre aux éditions de la Découverte.

André Gorz que l'on fait donc bien, en revanche, d'identifier au travail, en tout cas au problème que pose le travail à notre identité : avec cette question qui le taraude, dans toute son œuvre, de la fin des années 40 jusqu'à sa mort il y a bientôt 10 ans, en 2007 : qu'est-ce qui est produit par le travail ? Qui, quelle personne, et pas qu'est-ce que le travail produit, quelle chose.

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Voilà donc ce qui nous fabrique. Et c'est encore André Gorz qui le dit, en 1958, alors qu'il fait paraître son 1er livre, une autobiographie au titre frappant, Le traître. Aux événements marquants, il faut bien ajouter le travail qui s'impose aussi comme ce qui nous fabrique, même insensiblement, même involontairement.

Mais comment le travail peut-il devenir ce à quoi on ne veut pas s’identifier, le lieu d'une traîtrise, d'une inquiétante étrangeté à soi ? Cette menace, Aristote la soulevait déjà en clamant le travail comme devant être sa propre fin dans L'éthique à Nicomaque, mais à l'époque d'André Gorz, capitaliste, en demande d'égalité et d'écologie, cette menace est devenue réelle, et tout son effort a ainsi été de renverser la perspective, c’est-à-dire de penser le travail comme une « production de soi », son concept clé. Un effort qui se retrouve à travers ses textes, mais aussi sa vie pas très sérieuse passée à y chercher un sens. Et un effort qui pourrait s'imposer en ce jour de rentrée !

Références

L'équipe

Marianne Chassort
Collaboration