"Calligrammes" Dessin à l'encre de Tristan Tzara (1896-1963) Milan, collection Schwarz
"Calligrammes" Dessin à l'encre de Tristan Tzara (1896-1963) Milan, collection Schwarz ©AFP - Mudima DR ©Luisa Ricciarini/Leemage
"Calligrammes" Dessin à l'encre de Tristan Tzara (1896-1963) Milan, collection Schwarz ©AFP - Mudima DR ©Luisa Ricciarini/Leemage
"Calligrammes" Dessin à l'encre de Tristan Tzara (1896-1963) Milan, collection Schwarz ©AFP - Mudima DR ©Luisa Ricciarini/Leemage
Publicité

« Dada est né en Suisse, à Zurich, en 1916, ainsi que l'état civil l'assure. Et Tristan Tzara en fut le père ». Une fois que l'on a énoncé ce fait, qu'a-t-on dit en fait du mouvement Dada ?

Dater, nommer, apparenter un mouvement suffit-il à l'identifier ? Surtout quand il s'agit d'un mouvement toujours en négatif, en « révolte contre toutes les valeurs de ce monde » ?

En 1958, Georges Ribemont-Dessaignes, écrivain, poète, dramaturge et peintre, l'un des précurseurs, avec Duchamp et Picabia, du mouvement Dada en France, décide de « regarder par-dessus son épaule pour considérer 50 années qu'il laisse derrière lui », il regarde, dit-il dans le « rétroviseur », de l'avant-Dada à son après, le surréalisme, l'abstraction, la musique sérielle, jusqu'à ce que ces révoltes, toutes impulsées par le dadaïsme, deviennent des lieux communs et pourrissent.

Publicité

Qu'en reste-t-il alors en 1958 de ces années où une force s'est emparée de l'art, de l'esthétique en général, si ce n'est une fulgurante dégradation ? Comment les identifier si elles ne sont que négation puis ruines ? On pourrait croire à du pessimisme et à un certain fatalisme en lisant ce témoignage de Georges Ribemont-Dessaignes qui appréhende à travers Dada toute une part de sa vie, de la libération à sa fin. Mais ce qu'on trouve au final, c'est plus subtilement cette question : comment décrire l'air du temps ? Comment saisir ce qu'a été l'esprit d'une époque au-delà de ses grands noms et d'un mouvement qui l'a porté ? Un mystère, de la même manière que l'air d'une musique est mystérieux...

Ce récit est donc une chronique, mais plus sur le temps et son mouvement que sur l'essence du mouvement Dada : « peut-on raconter ce qui se passe dans le temps présent », demande Georges Ribemont-Dessaignes ? « Ce serait encore plus insensé que de dresser le tableau du passé ».

L'équipe