Maurice Merleau-Ponty
Maurice Merleau-Ponty ©AFP - AFP
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il y a, dans ces pages, les questions qui invitent précisément aux concepts : la phénoménologie, l’existentialisme, Sartre, le rapport à autrui, à quoi sert l’objectivité …

Dans cet entretien avec Georges Charbonnier qui date de 1959, Maurice Merleau-Ponty reconnaît, comme vous l’avez entendu, avoir préféré, au moins jusqu’au lycée, le football à la philosophie, mais quelques minutes auparavant, il reconnaît aussi n’être pas devenu philosophe, mais l’avoir toujours été. Alors qu’est-ce qui fait que l’on se sent philosophe, avant même d’être intéressé par les choses de l’intellect et tout en faisant du football ? Et qu’est-ce qui fait que quand on lit ces entretiens de Merleau-Ponty, on lit les paroles d’un philosophe ?

Et puis, il y a les autres questions, et là c’est beaucoup plus inattendu, et peut-être plus intéressant, car c’est là qu’on entend la voix du philosophe qui ne joue pas au philosophe justement : la voix qui répond aux interrogations les plus diverses, et même les plus absurdes : comme « les femmes sont-elles des hommes ? », « Monsieur Poujade a-t-il une petite cervelle ? » ou encore « le philosophe est-il fonctionnaire ? ».

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On pourrait lire ces entretiens avec au moins deux a priori : d’abord que l’opinion de Merleau-Ponty, sur les femmes ou autre, et que ses goûts, comme le football, on s’en fiche un peu : que l’œuvre de la philosophie n’est pas celle du commentateur ; et puis, on pourrait aussi les lire en essayant de déceler la personne derrière le philosophe, comme si l’un était indépendant de l’autre, de voir comment s’emboîtent la vie et la philosophie… mais non. Rien de tout cela ici, car il faut prendre ces entretiens comme ils viennent, il faut les prendre de la même manière que le vécu dont parle Merleau-Ponty : non pas comme des objets d’études, mais comme ce dans quoi l’on se plonge pleinement, et où l’on sent totalement.

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