Hannah Arendt en 1960  ©Maxppp - Fred Stein
Hannah Arendt en 1960 ©Maxppp - Fred Stein
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Résumé

Hannah Arendt ou comment critiquer la philosophie au nom de l'action sans abandonner pour autant la force de la pensée ?

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Du 11 avril au 7 mai 1961, Hannah Arendt assiste au procès du criminel nazi Adolf Eichmann à Jérusalem, elle en tire cinq articles pour le magazine The New Yorker qui seront publiés en 1963, et rassemblés ensuite dans un ouvrage, Eichmann à Jérusalem. Comme elle le dit dans cette archive qui date de 1973, son but était alors de démonter la grandeur du mal, d'en révéler toute la médiocrité…, ce qui a donné lieu à sa célèbre thèse de la banalité du mal, mais aussi à une controverse qui a en fait été l'occasion pour Arendt de repenser ce qu'elle a appelé la « vie de l'esprit ».

« La vie de l'esprit », tel pourrait d'ailleurs être le titre de cette monographie qui lui est consacrée : la vie d'un esprit, celui d'Arendt, la vie d'un état d'esprit aussi, celui qui consiste à s'opposer à toute une tradition philosophique qui s’est retirée du monde, pour privilégier la pensée contre l’action. A suivre le parcours d'Arendt, déplié au fil de ces pages, c'est d'ailleurs cette tension à l'égard des catégories et de la méthode classiques de la philosophie qui conduit toute son œuvre, qui guide son geste qui se veut au contraire politique et action...

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Mais voilà le problème, son problème : comment critiquer la philosophie au nom de l'action sans abandonner pour autant la force de la pensée ? Comment réaliser, rendre actives, la pensée et la philosophie, c’est-à-dire les rendre réelles, les mettre en rapport avec l'expérience ? En faire « l'arme nouvelle » ?

En faisant le portrait d'Arendt qui préférait qu'on la dise « théoricienne du politique », plus que « philosophe politique », c'est bien la figure même du philosophe qui est redéfini : un philosophe qui n'a pour finalité ni la contemplation mais ni l'action seulement non plus, un philosophe sans absolu mais qui élabore des « expériences de pensées ».

Références

L'équipe

Marianne Chassort
Collaboration