Vladimir Jankélévitch (12/12/1981)
Vladimir Jankélévitch (12/12/1981) ©AFP - PHILIPPE WOJAZER
Vladimir Jankélévitch (12/12/1981) ©AFP - PHILIPPE WOJAZER
Vladimir Jankélévitch (12/12/1981) ©AFP - PHILIPPE WOJAZER
Publicité

Pour la dernière semaine de cette saison des Chemins de la philosophie, voici une sélection de quelques lectures estivales. Et quoi de mieux pour l'été que de parler d'aventure, et de lire du Vladimir Jankélévitch ?

Aventure, ennui, sérieux, trois thèmes, trois concepts associés par Jankélévitch en un texte paru en 1963, et qui semblent être à l'image de son œuvre : diverse, attachée à des objets jugés mineurs, et difficile à saisir en une unité.

Et pourtant, entre l'aventure, l'ennui et le sérieux, il y a bien un centre, et c’est le centre de ce texte que Jankélévitch considérait lui-même comme un « petit livre », et qui est aussi le centre de son œuvre : la dimension temporelle de toute action : entre l'avenir aventureux, le présent sérieux, et l'intervalle ennuyeux, ou peut-être angoissant.

Publicité

Mais, à l'angoisse qui se déploie dans l'instant, tout comme l'aventure, Jankélévitch préfère en fait l'ennui vécu au présent, et c'est tout le cœur de ce livre, mais aussi de l'existence selon lui... Mais en quoi l'ennui qui s'étend telle une « toile d'araignée », qui, je cite, « tapisse la continuation dans toute sa longueur, meuble tout l'entre-deux des instants », pourrait-il être le cœur d'une vie ?

En quoi l'absence de tensions, de risques, d'aléas, pourrait-il recéler un quelconque secret existentiel? Si l'angoisse est devenue un sujet frivole, selon Jankélévitch, en quoi l'ennui pourrait-il être si passionnant ? C'est que l'ennui, c'est là où se révèle justement la réalité du temps, et c'est l'enjeu central de ce livre : saisir des manières de vivre le temps, qui le plus souvent passe, qui, le plus souvent, se cache derrière les passe-temps. Or, comment avoir conscience de ce temps sinon en s'ennuyant, sinon dans cette impuissance, dans cette stérilité aux mille facettes ?

L'équipe

Géraldine Mosna-Savoye
Géraldine Mosna-Savoye
Marianne Chassort
Collaboration