Portrait de Ludwig van Beethoven en 1823
Portrait de Ludwig van Beethoven en 1823
Portrait de Ludwig van Beethoven en 1823 - Ferdinand Georg Waldmüller
Portrait de Ludwig van Beethoven en 1823 - Ferdinand Georg Waldmüller
Portrait de Ludwig van Beethoven en 1823 - Ferdinand Georg Waldmüller
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Résumé

Beethoven, La 9ème symphonie

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La musique aurait-elle, elle aussi, comme tout art, à choisir entre l'art pour l'art ou l'art politique ? Faudrait-il peut-être envisager de la couper en deux : d’un côté, des accords, des rythmes, des harmonies et mélodies, au pur service de la musique, et de l'autre, des mots chantés et dotés d’un sens politique ? Mais si l’on envisageait plutôt de donner un sens politique aux sons émis ? De trouver le sens par les sons ?

Pour Richard Wagner, la dimension dramatique de l'Ode à la joie dans la 9ème symphonie de Beethoven ne tient pas, à cet égard, à ses paroles, mais plutôt à la voix qui les porte. Et même mieux : il est frappant de voir comment le sens des mots devient plein grâce à la puissance vocale, non seulement du compositeur, mais de l’interprète. Dans ses Œuvres en prose, son Beethoven, Wagner dit ainsi, je cite : « ce n'est pas le sens des paroles qui s'empare de nous à l'audition de la voix humaine, mais le caractère même de cette voix humaine. Ce ne sont pas les pensées exprimées dans les strophes même de Schiller qui dès lors nous occupent, mais la mélodie intime du chœur auquel nous avons nous-mêmes envie de mêler nos voix pour participer ».

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Texte doublement intéressant pour la thèse de Lydia Goehr : car, dans son livre, la philosophe entend en effet révéler la portée politique de la musique, en quoi l'autonomie de la musique qui déploie son propre langage, n'est pas étrangère à notre monde, mais fait au contraire se donne à entendre dans le monde. Et c'est bien ce que nous dit alors Wagner : non seulement, il insiste sur cette voix qui unit, qui porte, qui donne du sens par les sons, mais il souligne aussi comment ce chant nous pousse à nous rassembler, à mêler nos voix ensemble, propos donc politique et qui ne se passe ni de mots ni d’une voix pour les chanter.

Références

L'équipe

Marianne Chassort
Collaboration