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Résumé

Jusqu'où sommes-nous contrôlés, voire manipulés, par les images et comme des images ?

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En 1967, Guy Debord proposait sa théorie critique et célèbre de la Société du spectacle. Quelques années plus tard, en 1975, Michel Foucault lui rétorquait ceci : « Notre société n'est pas celle du spectacle, mais de la surveillance. Nous ne sommes ni sur les gradins ni sur la scène, mais dans la machine panoptique ». Mais il y a pourtant entre les deux, Debord et Foucault, le même enjeu : la vision. Et il y a la même question : jusqu'où sommes-nous contrôlés, voire manipulés, par les images et comme des images ?

A lire et écouter : La société de surveillance de Foucault

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Question que Debord et Foucault ont posée et poussée jusqu'à identifier les individus et leurs relations à des images et les images à la production d'une nouvelle réalité. Mais, on pourrait même aller plus loin qu’eux deux : en interrogeant non pas ce qui est vu, mais comment cela est vu. Et si le contrôle n'était pas celui de l'objet observé, mais celui de la vision elle-même ? Et si, les yeux fermés, notre regard était déjà paramétré, formaté, normé ?

Ce qui est en jeu, c'est donc bien la manière dont on observe, et c'est ce qu'on trouve dans cet essai Techniques de l'observateur, de l'américain Jonathan Crary, paru en 1990 et republié aujourd'hui en français. Comme le rappelle cet essai, Goethe, déjà dans son Traité des couleurs de 1810, ou encore le peintre Turner, ont aboli la distance entre l'observateur et le monde extérieur censé lui livrer des objets et des vérités toutes faites, ils ont donné une épaisseur et une incarnation à l'observateur, le rendant capable de produire par lui-même des visions, et même les yeux fermés. Ils nous ont ainsi laissé la vraie question : l'observateur est-il seul souverain de ce qu'il voit, ou voyons-nous tous de la même manière, de manière standardisée ?

Références

L'équipe

Marianne Chassort
Collaboration