France Culture
France Culture
Publicité
Résumé

Alfred Hitchcock est déjà un personnage en soi, alors imaginez une rencontre entre lui et Andy Warhol…

En savoir plus

Cette rencontre a eu vraiment lieu, et précisément le vendredi 26 avril 1974.

Ce vendredi, Andy Warhol se déplace jusqu’au Park Lane Hotel à New-York, il vient d’exposer les quatre portraits qu’il a faits de Mao à Paris. Hitchcock pour sa part présente son dernier film, Frenzy, et enchaîne les interviews à cette occasion. Warhol est aussi venu pour ça, pour interroger Hitchcock, et on peut tout attendre d’une telle rencontre entre les figures de l’art contemporain et du cinéma classique américain.

Publicité

On peut tout en attendre… ou rien justement : Warhol lui-même panique, il va « mettre son magnétophone en marche », mais confesse « qu’il ne sait pas quoi dire ». De fait, au fil de la retranscription de l’interview, ce sont moins des questions qui apparaissent que des listes de mots : La taverne de la Jamaïque, Daphné du Maurier, Copié l’histoire, Docteur Syn, ou encore Covent Garden, Franzy, Couleurs, marché. Mais il n’en faut pas moins pour lancer Hitchcock sur l’âge des revolvers, sur le porno ou encore sur le jeu d’un acteur comme Charles Laughton qui réussit à pleurer quand l s’imagine petit garçon en train de faire pipi sur lui…

Cette interview peut apparaître comme une fausse interview, un remake d’interview, une sorte de répétition d’interview, comme si la vraie était sans cesse différée. On peut aussi y voir une sorte de conversation dont le fil n’est jamais distinct, dont le sujet est moins ce dont on parle que ceux qui parlent. Mais Hitchcock et Warhol sont le contraire des beautés froides dont ils parlent, froid mais déchaînés. En fait, ils sont juste là, ils ne font qu’étaler des mots, mais comme le dit Warhol, ce ne sont que des mots, mais ils sont déjà fascinants, dans tout leur absolu et absurde.

Références

L'équipe

Marianne Chassort
Collaboration