De La Haine à Dheepan : ma cité va-t-elle toujours craquer sur les écrans?

France Culture
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Avec
  • Pascal Tessaud réalisateur
  • Farid Temsamani porte-parole de l'association "Banlieue Plus"
  • Carole Milleliri enseignante-chercheuse dans le département des Arts du spectacle de Paris Ouest Nanterre, rédactrice en chef de la revue de cinéma Clap!

La Palme d'or 2015 sort vingt ans après le film de Mathieu Kassovitz, qui a ouvert la voie à un courant bien vite catégorisé par la critique comme cinéma de banlieue.

Antonythasan Jesuthasan et Claudine Vinasithamby dans Dheepan de Jacques Audiard
Antonythasan Jesuthasan et Claudine Vinasithamby dans Dheepan de Jacques Audiard
- Paul Arnaud

Ca se passe un vendredi soir de mai 1995. Trois jeunes hommes un peu affalés sur leur siège, écoutent le sociologue Adil Jazouli parler d'un film qui dit-il "prend au tripes et fera beaucoup de bruit ". C'est dans l'émission Bouillon de Culture. Bernard Pivot, rassemble autour de lui intellectuels, producteurs autour d'un ovni cinématographique, tourné à Chanteloup les Vignes dans les Yvelines, juste après le fait divers d'une grave bavure policière dans un commissariat. Ce soir là sur le plateau, il y a donc aussi le jeune Matthieu Kassovitz casquette à la feuille de canabis vissée sur la tête, son acteur Saïd Taghmaoui, au survet lacoste jaune fluo, et le rappeur d'Iam, Shurikn qui plaisante sur le contrôle de police qu'il a subi à l'entrée du studio de télévision.

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Pascal Tessaud, Carole Milleliri et Farid Temsamani
Pascal Tessaud, Carole Milleliri et Farid Temsamani
© Radio France

Le public n'était sans doute pas habitué à l'époque, à ce genre de configuration, il n'était manifestement pas habitué non plus à ce genre de film. La Haine, prix de la mise en scène au festival de Cannes et 2 millions de spectacteurs, a ouvert la voie, avec un e ou avec un x, à un courant bien vite catégorisé par la critique, comme cinéma de banlieue.

Des cinéastes qui ont tous pris en toile de fond ce lieu comme théâtre de violence, d'exclusion, de précarité. Des cinéastes parfois durement critiqués par une nouvelle vague qui renvoie ses aînés à leurs condition de nantis qui n'ont fait que filmer la banlieue, sans jamais y vivre, sans jamais la vivre. Est-ce le bon débat pour des cinéastes? Est-ce que comme tout décor filmique, celui là ne pourrait pas avoir droit à sa part de fantasme sans pour autant être accusé de verser dans la caricature ?

*Alors de la Haine à Dheepan, le visage de la banlieue au cinéma a-t-il changé en 20 ans et dans quel sens? *

Les liens des films mentionnés dans l'émission :

La Haine

Dheepan

Rengaine

Ma 6-T va crack-er

L'Esquive

Mercuriales

Don Juan sur Seine

Donoma

Rue des Cités

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