Le scientifique chinois He Jiankui présente les détails de son expérience de modification génétique sur des embryons humains lors du Second Sommet international sur l'édition du génome à Hong Kong, le 28 novembre 2018.
Le scientifique chinois He Jiankui présente les détails de son expérience de modification génétique sur des embryons humains lors du Second Sommet international sur l'édition du génome à Hong Kong, le 28 novembre 2018. ©AFP - Anthony Wallace
Le scientifique chinois He Jiankui présente les détails de son expérience de modification génétique sur des embryons humains lors du Second Sommet international sur l'édition du génome à Hong Kong, le 28 novembre 2018. ©AFP - Anthony Wallace
Le scientifique chinois He Jiankui présente les détails de son expérience de modification génétique sur des embryons humains lors du Second Sommet international sur l'édition du génome à Hong Kong, le 28 novembre 2018. ©AFP - Anthony Wallace
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C’est l’un des textes les plus sensibles du quinquennat. Un texte attendu par certains, redouté par d’autres. Le projet de loi de bioéthique a été présenté ce matin en Conseil des ministres, quelques jours après avoir été partie validé, pour sa plus grande part, par le Conseil d’État.

Avec
  • Dominique Folscheid professeur émérite de philosophie morale et politique à l'Université Paris-Est Marne-la-Vallée, co-directeur du département de recherche Éthique biomédicale au collège des Bernardins, auteur de « Made in labo » (Éditions du Cerf, 2019).
  • René Frydman médecin spécialiste de la reproduction et du développement de l’assistance médicale à la procréation en France, producteur à France Culture de Matières à penser, auteur de « Intimité en danger » (PUF, 2019).
  • Xavier Bioy professeur de droit public à l’Université Toulouse 1 Capitole, auteur notamment de « Biodroit, de la biopolitique au droit de la bioéthique » (LGDJ, 2016).

Une mesure concentre l’attention : la légalisation de la procréation médicalement assistée, la PMA, pour les couples de femmes et pour les femmes seules. Et avec elle, des mesures sur la filiation et sur l’accès à l’identité des donneurs.

L'objectif des recherches n'est pas de créer des gamètes pour répondre à un besoin ou à un désir d'enfant. La vraie source de cette réflexion est médicale : elle est de traiter et de guérir des maladies. Maintenant, est-ce à dire qu'il ne faut se soucier de rien car l'objectif est licite, voire grandiose ? Non, il faut se poser des questions. René Frydman

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Mais il y a bien d’autres changements dans ce document d’une quarantaine de pages, que les parlementaires examineront en septembre. Il y a, par exemple, l’assouplissement des conditions de recherche sur les cellules souches. Un sujet qui a d’ailleurs beaucoup évolué en quelques années. Cette recherche était interdite en 1994, lors des premières lois de bioéthique. En 2013, 19 ans plus tard, elle était autorisée.

L'eugénisme est déjà interdit, et est qualifié en droit de crime contre l'espèce humaine. La tentation du législateur a été d'introduire quelques éléments qui pourraient laisser penser à un "post-humanisme", mais ce n'est pas ce que le projet de loi a retenu.  Xavier Bioy.

Un changement radical et rapide qui montre que les pratiques évoluent vite, au rythme des avancées scientifiques. Un changement que la loi tente de réguler et qui pose des questions éthiques de plus en plus graves.

La notion de "projet parental" me semble philosophiquement, anthropologiquement, éthiquement problématique : elle revient à attribuer à des adultes un droit de vie et de mort, une toute-puissance : on peut décider de supprimer l'embryon, de le donner à la recherche, de le mettre dans un frigo. On revient à cet idéal (...) où l'humain est une matière qu'on traite comme un stock. Dominique Folscheid.

D’où cette interrogation : tout ce qui est possible dans la recherche sur les embryons est-il souhaitable ?

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