Des manifestants participent au mouvement organisé contre le projet de loi d’extradition controversé à Hong-Kong, le 28 juillet 2019. ©AFP - Anthony Wallace
Des manifestants participent au mouvement organisé contre le projet de loi d’extradition controversé à Hong-Kong, le 28 juillet 2019. ©AFP - Anthony Wallace
Des manifestants participent au mouvement organisé contre le projet de loi d’extradition controversé à Hong-Kong, le 28 juillet 2019. ©AFP - Anthony Wallace
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Résumé

Pas d’essoufflement… La contestation est encore vive à Hong-Kong. Des dizaines de milliers de manifestants, hier, un peu plus de deux mois après le début du mouvement. Un mouvement qui a compté jusqu’à 2 millions de participants, 2 millions sur 7 millions et demi d’habitants.

avec :

Michel Bonnin (Historien, directeur d’études à l’EHESS, spécialiste de la Chine contemporaine), Chloé Froissart (Professeure d’histoire et de sciences politiques au département d’études chinoises de l’Inalco), Jean-Philippe Béja (sinologue, politologue, directeur de recherche émérite au CNRS et chercheur au Centre d'études et de recherches internationales (CERI/Sciences Po).).

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Il s’est d’abord construit contre un projet de loi, un texte qui autorisait l’extradition de suspects vers la Chine. Un texte « mort » selon le mot de Carrie Lam, la cheffe de l’exécutif de Hong-Kong. Puis il s’est consolidé, face aux menaces qui pèsent sur les libertés, dans ce petit territoire passé sous contrôle chinois il y a 22 ans.

Deux décennies pendant lesquelles Pékin a progressivement renforcé son emprise, et attaqué la société libérale hongkongaise. Deux décennies émaillées déjà de révoltes, en 2003 et 2014. Mais aujourd’hui, la durée, le nombre et l’intensité font de cette contestation un mouvement à part.

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D’où cette question : la révolte à Hong-Kong fait-elle trembler la Chine ?

Pour beaucoup de hongkongais, c’est la manifestation de la dernière chance. Ce projet de loi d’extradition pourrait mettre fin à l’indépendance judiciaire de Hong-Kong, un principe qui fait entièrement partie de son identité. Si cette ligne rouge est franchie, cela signifierait être aux mains du régime chinois. Jean-Philippe Béja

Hong-Kong se trouve dans une situation où il n’y a pas de juste milieu : il y a soit des collaborateurs, soit des résistants. Le gouvernement local est aujourd'hui considéré comme un gouvernement collaborateur par rapport à la Chine. Et des gens qui ne manifestaient jamais autrefois, comme les hauts fonctionnaires, écrivent à présent des lettres très critiques envers le gouvernement. Michel Bonnin

Xi Jinping représente le jusqu’au-boutisme absolu et l’absence totale de compromis. Il croit fermement qu’il ne faut jamais rien céder. Les manifestants se trouvent face à un mur impérial contre lequel il est difficile de lutter. Michel Bonnin

Je crois qu’il est tout à fait plausible que Pékin envoie son armée à Hong-Kong. La Chine essaie actuellement de trouver une solution locale, et elle a exprimé son soutien à la police de la ville. Si l’armée chinoise intervient, ce ne sera évidemment pas par le biais d’une intervention sanglante comme ce fut le cas à Tiananmen. Mais ce sera une mesure symbolique afin de rappeler que le régime chinois maintient son autorité sur la ville. Chloé Froissart

10 min
11 min
En savoir plus : Menaces sur Hong Kong
58 min
Références

L'équipe

Antoine Genton
Production
Léa Capuano
Collaboration
Marguerite Catton
Marguerite Catton
Marguerite Catton
Production déléguée
Roxane Poulain
Collaboration
Valentin Berg
Collaboration
Margaux Leridon
Collaboration
Alexandre Fougeron
Réalisation