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Le 22 juin, pour son premier discours au Congrès, réuni à Versailles, le président de la République annonçait le lancement, cet automne, d'un grand emprunt d'Etat, destiné à financer les « priorités stratégiques » de son gouvernement. On dira qu'il est temps que se réveille notre Etat-stratège : les grands programmes industriels de la France (nucléaire, aéronautique, etc.) datent des années 60 et 70. Faute d'investissements en temps voulus dans les activités du XXI° siècle, la crise pourrait bien se traduire, pour nous, par une désindustrialisation terriblement coûteuse en emplois. Rappelons que, d'après Elie Cohen, la France est victime d'une vague de désindustrialisation « au moins égale à celle des années 1978-1985 ». En outre, nos infrastructures vieillissent, faute d'investissements. Les dépenses de fonctionnement, ainsi que celles affectées au paiement des intérêts de nos dettes, laissent peu de ressources disponibles... D'où l'idée d'un emprunt destiné aux « dépenses qui créent de la valeur ». Pourtant, l'annonce du « grand emprunt d'Etat » a été reçue avec un certain scepticisme. L'Etat n'emprunte-t-il pas déjà, via l'agence France Trésor, sur les marchés internationaux à un rythme qui s'est accéléré de manière préoccupante depuis le début de la crise ? Pour le moment, la dette publique française est considérée comme solide ; aussi, les taux auxquels emprunte notre Etat demeurent modestes. Mais notre dette publique a presque doublé en dix ans. Elle a atteint 1 413 milliards d'euros au premier trimestre 2009, soit 73 % du PIB national. Est-il bien raisonnable d'aller mobiliser, pour des coûts supérieurs, l'épargne des ménages ? Les « grands emprunts d'Etat » précédents ont laissé de bien mauvais souvenirs au Ministère des Finances : l'emprunt Giscard de 1973 - 7 milliards et demi de F sur 15 ans aura coûté 90 milliards aux contribuables... Le « grand emprunt » Sarkozy aurait-il une vocation plus politique qu'économique ? La mobilisation keynésienne de l'épargne des ménages pour relancer une activité économique qui s'essouffle appartient au lexique de la gauche - à laquelle le président aime emprunter ses talents et ses symboles.... Alors simple effet d'annonce, destinée à dramatiser les enjeux de la crise pour la nation entière ou véritable plan de réindustrialisation du pays ? On en discute avec...

Références

L'équipe

Hervé Gardette
Hervé Gardette
Hervé Gardette
Production
Céline Leclère
Collaboration
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Fanny Richez
Collaboration
Anne Kobylak
Réalisation
Cyril Baert
Collaboration