France Culture
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L'exception culturelle, c'était un bien joli mot d'ordre - quel Français, quel Européen, ne souscrirait à l'idée que les oeuvres de l'esprit ne doivent pas être traitées comme de vulgaires marchandises ? Personne n'a jamais soutenu sérieusement sous nos climats que la valeur esthétique d'une création pourrait se résumer au prix qu'un nombre X de consommateurs serait prêt à débourser pour en faire l'acquisition. Et c'est au nom de cette exceptionnalité que toute notre politique culturelle a été mise en oeuvre depuis un bon quart de siècle. Or, cette politique culturelle et cette exceptionnalité, vous écrivez, Françoise Benhamou, dans un livre documenté et qui fera débat, qu'elles sont entrées dans une crise qui pourrait bien leur être fatale. Pour vous, les logiques sur lesquelles était fondée notre politique culturelle ont toutes atteint leurs limites. Et il n'est que temps d'en changer. Notre Etat, nos collectivités, ont encouragé une prolifération de créations qui ne rencontrent qu'un public toujours aussi réduit. L'offre culturelle est devenue à ce point pléthorique qu'elle est perçue comme indigeste. Significativement, Télérama a consacré une enquête de plusieurs semaines au thème de « l'indigestion culturelle ». « Le public stagne globalement depuis une vingtaine d'années », écrivait il y a déjà quelques temps Jacques Blanc dans Libération. Et le rapport Latarjet observait pudiquement « il y a une dégradation du rapporte entre l'offre de spectacles et les publics rassemblés. » Le nombre de représentations moyen d'un spectacle a chuté jusqu'à 4 et demi. Notre Etat, expliquez-vous, a abandonné au secteur privé l'impératif de démocratisation de l'accès à la culture ; aujourd'hui, c'est la Star Ac qui suscite les vocations artistiques et c'est la grande distribution qui s'investit dans la promotion de la lecture... Le seul axe que semble privilégier notre politique culturelle serait, d'après vous, la promotion de la diversité des cultures. Ce thème serait même en passe de remplacer celui de « l'exceptionnalité ». Je vous cite : « On a choisi de troquer la volonté d'offrir à tous un accès à la culture « légitime » contre la reconnaissance de la culture de tous comme étant légitime. » Dans ce contexte, quelle est la place spécifique des arts plastiques ?

L'équipe

Hervé Gardette
Hervé Gardette
Hervé Gardette
Production
Céline Leclère
Collaboration
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Fanny Richez
Collaboration
Anne Kobylak
Réalisation
Cyril Baert
Collaboration