Publicité
Résumé

Actionnaires et clients de BNP Paribas, dormez tranquilles : votre banque ne va pas s’effondrer. Contribuables, ne soyez pas inquiets : vous n’aurez rien à payer. Certes, 6 milliards et demi d’euros d’amende, ce n’est pas rien, mais le groupe a les reins solides.

avec :

Gaël Giraud (Directeur du programme justice environnementale de Georgetown University, directeur de recherche au CNRS, ancien chef économiste de l'AFD et enseignant à l'école Polytechnique), Jean-Paul Betbèze (président de Betbèze Conseil SAS, membre du Cercle des économistes).

En savoir plus

Voilà à peu près le message délivré par la direction du groupe bancaire français, au lendemain de l’accord conclu avec la justice américaine. BNP Paribas a donc fini par plaider coupable, en reconnaissant avoir violé les embargos américains sur le Soudan, l’Iran et Cuba. Outre l’amende record qui lui est infligée (record dans ce genre d’affaires), la banque se voit contrainte de suspendre, pendant toute l’année 2015, une partie de ses opérations en dollars.

Vu d’ici, et au nom du patriotisme économique, on a du mal à percevoir dans cette affaire autre chose qu’un affrontement entre les vilains juges américains et la pauvre petite banque française. Pourtant, le cas BNP Paribas n’est que l’arbre qui cache la forêt. Depuis 2008, plus d’une vingtaine d’établissements bancaires ont été sanctionnés aux Etats-Unis pour avoir contrevenu aux embargos.

Publicité
Jean-Paul Betbeze et Gaël Giraud
Jean-Paul Betbeze et Gaël Giraud
© Radio France - JCF

Et ce ne sont pas les seuls écarts à faire l’objet de menaces de poursuites. En mai dernier, le Crédit Suisse a accepté de payer une amende de 2 milliards et demi de dollars pour avoir incité certains de ses clients américains à pratiquer l’évasion fiscale. Dans le collimateur désormais, la banque britannique Barclays : le procureur général de New-York vient décider d’ouvrir des poursuites à son encontre, pour avoir trompé les investisseurs sur le fonctionnement d’une de ses branches.

Bref, contrairement aux idées reçues, les banques ne semblent plus jouir d’une totale impunité, en tout cas aux Etats-Unis.

Faut-il y voir comme un excès de zèle ? Ou bien « les banques n’ont-elles que ce qu’elles méritent ? ». C’est notre sujet du jour.

Le focus de Mélanie Chalandon

La justice américaine est-elle particulièrement sévère avec les banques, quelle que soit leur nationalité ? C'est la question que nous avons posé à Nicolas Véron, chercheur au think tank Bruegel de Bruxelles et au Peterson Institute de Washington.

Nicolas Véron

1 min

Références

L'équipe

Hervé Gardette
Hervé Gardette
Hervé Gardette
Production
Céline Leclère
Collaboration
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Fanny Richez
Collaboration