Combler le trou de la sécu ou lutter contre les inégalités face à la santé ?

France Culture
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C'est simple : il n'y a pas que le déficit de la Sécu qui s'accroît chaque année en France : il y a aussi les inégalités devant la santé. C'est simple mais curieusement peu su : le rapport très variable des Français à la santé est largement minimisé, en tout cas en comparaison des inégalités, avérées, devant le système scolaire. Qui sait que, chez nous, selon que l'on est en haut ou en bas de l'échelle sociale, on peut espérer vivre dix années de plus ou de moins sans aucune incapacité, dix années confortables ou douloureuses ? L'accès aux soins est l'un des paramètres qui expliquent cette échelle régulière qui lie étroitement la santé à la hiérarchie sociale. Or nous observons que la protection sociale s'est étendue, certes, avec la CMU, mais aussi qu'elle est de moins en moins efficace pour les familles modestes. Les récentes mesures de forfait hospitalier, puis de franchise médicale qui se sont ajoutées à la baisse des remboursements, ont induit l'idée que la santé coûte cher. Sans parler parmi les difficultés nouvelles, de la banalisation des refus de soins, par les médecins, à l'égard des malades bénéficiant de la CMU ou encore de la généralisation des dépassements d'honoraires. Aujourd'hui près de quatre Français sur dix ont déjà renoncé à un soin, ou l'ont retardé, en raison de son coût. 8% renoncent à souscrire une complémentaire santé, principalement pour des raisons financières. Mais alors comment prendre en compte ces nouvelles réalités sans accroître le déficit de la Sécurité sociale ? C'est l'équation que doit résoudre le gouvernement. Aujourd'hui le ministre du Budget et des Comptes publics, Eric Woerth, défend le "réalisme" et l'"ambition" des mesures retenues pour le budget de la Sécu 2009. Parviendra-t-il à convaincre ?

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