France Culture
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La presse aurait dû ne parler que de cela, mais l’annonce de la mort du colonel Kadhafi le 20 octobre dernier aura contrarié la publicité faite à cet autre moment historique, survenu le même jour : la décision d’ETA de mettre un terme définitif à la lutte armée.

Dans un texte suffisamment court pour tenir sur une demi-page, l’organisation terroriste basque a donc fini par renoncer à plus de 40 années d’assassinats et d’attentats.

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Tournant majeur en Espagne, mais une demi-surprise seulement, tant les signes avant coureurs se multipliaient depuis quelques mois.

En janvier, sous la pression d’organisations politiques amies, soucieuses de pouvoir réintégrer le jeu électoral, ETA avait déjà décrété un cessez-le-feu « permanent, général et vérifiable ».

L’organisation renonçait aussi dans la foulée à prélever son « *impôt révolutionnaire * », se privant de son principal moyen de subsistance.

Il faut dire que les bras venaient à manquer pour mener cette véritable entreprise de racket.

La majorité des Etarras sont aujourd’hui en prison : un peu plus de 700, répartis entre la France et l’Espagne.

Et c’est d’ailleurs le sort de ces derniers qui constitue un des principaux enjeux de ce qui va se passer désormais.

Que faire des prisonniers d’une organisation incapable, dans son communiqué, d’avoir le moindre mot de compassion pour les 829 victimes de ses actions terroristes ?

Faut-il les amnistier ?

La droite comme la gauche espagnoles refusent pour l’instant d’en discuter : en tout cas pas avant les législatives du 20 novembre prochain.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si ETA a choisi ce moment de la vie politique espagnole pour faire son annonce.

Le calcul est politique : il s’agit de permettre à l’idée indépendantiste de retrouver dans les urnes ce qu’elle a échoué à conquérir par les armes.

Justement, comment aborder désormais la question de l’indépendance du pays basque à présent que la menace terroriste semble levée ?

L’Espagne, mais aussi la France, devraient-elles s’inspirer d’autres processus de pacification, comme par exemple en Irlande du nord ?

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L'équipe

Hervé Gardette
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