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La dépêche de l’Agence France Presse date d’hier soir, 21h50. Son titre : « Conflit en Syrie : deux appareils de l’armée touchée par les rebelles. » On peut notamment y lire que « selon un bilan provisoire de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme, 58 personnes ont péri mardi à travers le pays – 19 civils, 13 rebelles et 26 soldats. » Et la dépêche se conclue ainsi : « La Syrie a basculé dans la guerre civile après qu’une révolte populaire violemment réprimée par le régime se soit militarisée. Plus de 60 000 personnes y sont mortes depuis mars 2011 selon…l’ONU »

Laurent Henninger, Rony Brauman et Henri Bentégeat
Laurent Henninger, Rony Brauman et Henri Bentégeat
© Radio France - J-C F

Le premier bilan, celui de la journée d’hier, est donc fourni par l’Observatoire syrien des droits de l’homme : organisation qui, jusque là, constituait la source quasi exclusive utilisée par les médias français pour tenir le compte des victimes de la guerre. Fin décembre, l’Observatoire évaluait leur nombre à 46 000. Soit 14 000 de moins que le chiffre publié par le Haut commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme le 2 janvier dernier. Chiffre qui sert désormais de référence aux journalistes : 60 000 morts en plus de 18 mois de conflit. Des méthodes de calcul différentes expliquent cet écart important entre les bilans des deux organisations. Un écart qui nous pousse à nous interroger sur la validité de ces statistiques, et surtout sur leur utilité.

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A quoi sert de compter les morts pendant un conflit, dans la mesure où l’exactitude est un horizon impossible, au moins dans l’immédiat ?

Ne faut-il pas laisser ce travail aux historiens ? Mais les historiens eux-mêmes peuvent être soumis à des enjeux qui dépassent la seule rigueur scientifique.

"Comment manipuler les chiffres de la guerre ? "

Références

L'équipe

Hervé Gardette
Hervé Gardette
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Production
Céline Leclère
Collaboration
Julie Gacon
Julie Gacon
Julie Gacon
Production déléguée
Fanny Richez
Collaboration