France Culture
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En 2003, au moment de l'épidémie du SRAS à Hanoi, l'hôpital français touché par les premiers cas avait tout simplement fermé ses portes ; on avait choisi alors la simple mise en quarantaine des patients et du personnel soignant ; par chance, c'était une petite structure dont on facilement pouvait se passer tout en maintenant un service sanitaire correct pour la population de la ville. L'année suivante, pour juguler l'épidémie, l'Etat communiste chinois s'appuya sur les comités de quartier sommés tout simplement d'intensifier leur contrôle sur les habitants. Somme toute, on pourrait conclure de ces réussites que les dictatures sont mieux armées dans la lutte contre ce type de fléau que nos démocraties : le recours à la coercition est parfois bien plus efficace que l'appel à la raison. Pourtant, dans les semaines à venir, c'est bien sur notre civisme que vont devoir compter nos gouvernants. Il faudra bien que tout citoyens libres que nous sommes, nous tolérions d'être mis en quarantaine si notre situation le requiert - au passage, est-il légalement possible de contraindre un cas suspect à garder la chambre ? C'est une question à poser. Il faudra bien aussi que l'on supporte avec patience l'annulation d'une partie du trafic aérien si la situation l'exige, de même qu'il faudra respecter les consignes de ne pas engorger les hôpitaux au moindre éternuement. Civisme, altruisme et esprit de responsabilité l'épidémie nous demandera beaucoup, mais nous serons peut-être à la hauteur. En tout cas, pour l'instant, personne ne semble céder à la panique. De même qu'au coeur de la tempête financière personne n'est allé récupérer son pécule à la banque -ce qui nous a évité le pire.

L'équipe

Hervé Gardette
Hervé Gardette
Hervé Gardette
Production
Céline Leclère
Collaboration
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Fanny Richez
Collaboration
Anne Kobylak
Réalisation
Cyril Baert
Collaboration