Compétition économique : une question de taille ?
Compétition économique : une question de taille ? ©Getty -  Fuse
Compétition économique : une question de taille ? ©Getty - Fuse
Compétition économique : une question de taille ? ©Getty - Fuse
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La nuit dernière, le constructeur Fiat Chrysler a retiré son offre de fusion avec Renault. Mais les groupes industriels européens persistent à vouloir s’unir pour exister dans une compétition mondiale dominée par la Chine et les Etats-Unis. Les gros sont-ils les seuls capables de survivre ?

Avec
  • Anne-Sophie Alsif Cheffe économiste au cabinet BDO, docteure en sciences économiques EHESS et professeure d'économie à la Sorbonne
  • Anne Perrot docteure en sciences économiques, inspectrice générale des finances (IGF), ancienne vice-présidente de l’Autorité de la concurrence, membre du Cercle des économistes
  • Ali Laïdi Docteur en science politique, co-fondateur de l'Ecole de la pensée sur la guerre économique, chroniqueur à France 24 où il est responsable du "Journal de l'Intelligence économique"

Se faire larguer n’est jamais agréable. Mais se faire larguer alors que le repas de mariage est commandé, que les invitations sont lancées, et qu’à la base, c’est vous qui vous êtes fait draguer, voilà qui manque singulièrement de classe. Fiat a beau faire porter la responsabilité de la rupture sur la belle famille (le gouvernement français), c’est Renault qui en fait les frais. 

La fusion entre les deux constructeurs n’aura donc pas lieu. Dommage car le couple promettait : troisième puissance automobile mondiale ! De quoi affronter un avenir promis à de profonds changements, en particulier avec l’émergence inéluctable de la voiture électrique : un marché immense, nécessitant de très importantes capacités d’investissement.

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Symboliquement, cette union avait aussi de la gueule : un géant industriel d’ascendance européenne, dans un moment où l’essentiel de la compétition économique mondiale semble se dérouler entre la Chine et les Etats-Unis. Voilà qui aurait donné à la politique industrielle européenne un semblant d’existence, quelques mois après l’échec de la fusion Alstom-Siemens.

Cela dit, l’Europe n’est pas si mal lotie. Au classement des zones les plus attractives pour les investissements, elle arrive toujours en tête. Preuve que la politique de la concurrence défendue à Bruxelles n’est peut-être pas si anachronique que certains le disent.

« Compétition économique : une question de taille ? »

Articles :

"Le constructeur Fiat Chrysler retire son offre de fusion avec Renault", Le Monde, le 06/06/2019

"Alstom vit très bien sans Siemens", Libération, le 07/09/2019

Analyses :

[abonnés] " Le mirage des fusions entre égaux ", Les Echos, le 28/05/2019

"Guerre économique: la France et l'UE «complètement désemparées» ", Ali Laïdi pour Le Figaro, le 21/02/2019

"Etat-industrie : on s’est dédit, rendez-vous dans vingt ans", Libération, le 26/02/2019

[abonnés] "Il n’y a pas de souveraineté économique et technologique européenne sans stratégie industrielle forte", tribune de Jean-Pierre Clamadieu, Président d’Engie, et Philippe Varin, Président de France Industrie, Le Monde, le 17/05/2019

Liens :

"L'industrie a-t-elle besoin de l'Union européenne ?", OFCE, Policy Brief n°54, le 14/05/2019