Conflits d'intérêts : y a-t-il des limites au copinage ?

France Culture
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Avec
  • Eric Alt Vice-président d'Anticor, magistrat
  • Noël Pons essayiste et consultant, ancien inspecteur des impôts, ancien conseiller au SCPC (Service central de prévention de la corruption)
  • Michel Guénaire avocat au barreau de Paris

Des pratiques qui « devraient appartenir au passé » : c’est ainsi que Marisol Touraine commentait ce matin les révélations du JDD, à propos d’un déjeuner offert la semaine dernière par le fabricant de cigarettes British American Tobacco à une poignée de parlementaires français amateurs de cigares. Pour autant, la ministre des affaires sociales n’est pas allée jusqu’à accuser ces derniers de conflits d’intérêt. « *Ce qui compte * » a-t-elle ajouté, « c’est de savoir comment ont voté les parlementaires en question. Il y a une socialiste qui a participé à ce déjeuner et ça ne l’a pas empêché de voter l’augmentation des prix du tabac »

Noël Pons, Eric Alt et Michel Guénaire
Noël Pons, Eric Alt et Michel Guénaire
© Radio France - JCF

Ce type de réaction est assez caractéristique de la façon dont la classe politique, et plus largement, la classe dirigeante, considère le conflit d’intérêt : c’est embêtant mais ce n’est pas grave si la personne possiblement impliquée est honnête. Ainsi, on hésitera à remettre en cause, sans doute à juste titre, l’honnêteté du juge Jean-Michel Gentil, dont l’instruction dans l’affaire Bettencourt est fragilisée du fait de sa proximité avec un des médecins chargés de juger de l’état de faiblesse de la milliardaire. Pourtant, dans ce dernier cas, c’est bien le terme de conflit d’intérêt qui a été prononcé par ceux qui entendent faire annuler l’instruction.

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L’actualité de ces dernières semaines aura permis de considérablement populariser cette notion. A travers l’affaire Tapie par exemple, du fait des liens de l’homme d’affaires avec un des juges du tribunal arbitral ayant tranché en sa faveur, au détriment du Crédit lyonnais. A travers bien sûr l’affaire Cahuzac, soupçonné de s’être enrichi dans le privé grâce aux relations qu’il avait su nouer avec les laboratoires pharmaceutiques lorsqu’il travaillait dans le public.

C’est pour lutter contre ces dérives que François Hollande voulait une loi sur la moralisation de la vie publique. Vous venez de l’entendre dans le journal, les parlementaires ont fait en sorte de minimiser la portée de cette réforme. Ont-ils eu raison de vouloir ne pas aller trop loin dans la transparence ?

« Conflits d’intérêt : y a-t-il des limites au copinage ? »

C’est notre sujet du jour.

Et le contrepoint de Julie Gacon

Dominique Cardon
Dominique Cardon
© Radio France

Nous sommes tous les amis de quelqu'un d'important (en fait)! La théorie des six degrés de séparation actualisée à l'heure des réseaux sociaux, avec Dominique Cardon - sociologue au laboratoire des usages d'Orange labs et professeur associé à l'université de Marne-la-Vallée.

Dominique Cardon

2 min

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