Le 30 juin 2018 à Bamako (Mali), une marche silencieuse était organisée par le Mouvement Peul pour la paix, quelques jours après une vague d’attaques de villages peuls
Le 30 juin 2018 à Bamako (Mali), une marche silencieuse était organisée par le Mouvement Peul pour la paix, quelques jours après une vague d’attaques de villages peuls ©Maxppp - Nicolas Remene / Le Pictorium
Le 30 juin 2018 à Bamako (Mali), une marche silencieuse était organisée par le Mouvement Peul pour la paix, quelques jours après une vague d’attaques de villages peuls ©Maxppp - Nicolas Remene / Le Pictorium
Le 30 juin 2018 à Bamako (Mali), une marche silencieuse était organisée par le Mouvement Peul pour la paix, quelques jours après une vague d’attaques de villages peuls ©Maxppp - Nicolas Remene / Le Pictorium
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Au Mali, 35 Dogons ont été assassinés la semaine passée. L’attaque, non revendiquée, a été imputée par des habitants à des miliciens Peuls. Mais ne faut-il pas se méfier de cette lecture ethnique souvent plaquée sur les conflits en Afrique ? Comment transmettre la complexité géopolitique du continen

Avec
  • Claire Médard Géographe, chargée de recherches à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), spécialiste du Kenya
  • Yann Gwet journaliste et écrivain
  • Coralie Pierret journaliste indépendante, correspondante au Mali

Plusieurs dizaines de civils ont à nouveau été tués au Mali en début de semaine, dans le centre du pays. 38 morts selon le bilan du gouvernement malien. Des victimes qui viennent s’ajouter aux 35 enregistrées quelques jours plus tôt. Leur point commun : toutes appartiennent à la communauté dogon.

Cette précision parait d’autant plus importante que le caractère ethnique des violences qui touchent le pays semble être un des éléments de compréhension. En mars, ce sont des Peuls qui ont été massacrés, quelques 160 personnes près de la frontière avec le Burkina Faso. Peuls, Dogons : lorsque l’un est agressé, l’autre est considéré comme l’agresseur. Mais cette grille de lecture des événements est-elle vraiment satisfaisante ?

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Le fait qu’elle soit souvent appliquée pour expliquer les conflits en Afrique ne veut pas dire qu’elle est pertinente. Non pas que les ethnies soient une pure création de l’esprit. Mais elles ne forment qu’une partie d’un puzzle beaucoup plus complexe, où les questions économiques, sociales, religieuses ont aussi leur place. Comme le dit le politologue Jean-François Bayart : « privilégier la lecture tribale du conflit, c’est dénier à l’Afrique le statut de société politique et historique ».

« Conflits en Afrique : une affaire d’ethnies ? »

Articles :

"Au Mali, des villages dogons de nouveau cibles d’attaques meurtrières", Le Monde, le 19/06/2019

Opinions :

"Au Mali, le monstre du terrorisme ethnique a ôté plus de vies que le djihadisme", Le Monde, le 14/04/2019

"Le Mali ne doit pas devenir un fonds de commerce pour les apprentis sorciers de la géopolitique", Le Monde, le 28/05/2019

"La détribalisation de nos sociétés doit être une priorité des gouvernements réformateurs en Afrique", Yann Gwet pour Le Monde, le 16/03/2018

L'équipe

Hervé Gardette
Hervé Gardette
Hervé Gardette
Production
Antoine Dhulster
Collaboration
Antoine Tricot
Production déléguée
Virginie Le Duault
Collaboration
Peire Legras
Réalisation
Fanny Richez
Collaboration