Demander pardon vaut-il réparation ?

Le fait de demander pardon est-il suffisant pour faire table rase du passé, notamment dans le cas d'institutions comme l'État, ou l'Église ?
Le fait de demander pardon est-il suffisant pour faire table rase du passé, notamment dans le cas d'institutions comme l'État, ou l'Église ?  ©Getty - jayk7
Le fait de demander pardon est-il suffisant pour faire table rase du passé, notamment dans le cas d'institutions comme l'État, ou l'Église ? ©Getty - jayk7
Le fait de demander pardon est-il suffisant pour faire table rase du passé, notamment dans le cas d'institutions comme l'État, ou l'Église ? ©Getty - jayk7
Publicité

Le pape a demandé pardon aux victimes de crimes pédophiles. L’Australie a fait de même. Macron, lui, s’est excusé officiellement auprès de la veuve de Maurice Audin, torturé par l’armée française durant la guerre d'Algérie. Peut-on réparer le passé d’un simple « pardon » ?

Avec
  • Olivier Abel philosophe, professeur de philosophie éthique à l’Institut Protestant de Théologie, Faculté de Montpellier, créateur du Fonds Ricoeur
  • Sandrine Lefranc Politiste et sociologue, chargée de recherche au CNRS, spécialiste des rapports entre mémoire et politique dans les démocraties occidentales

"Nous demandons pardon à Dieu, aux victimes d’abus sexuels, à leurs familles et à toute la communauté de l’Eglise pour toutes les blessures infligées aux enfants et aux jeunes personnes ainsi qu’à leur famille".

Cet acte de repentance, on le doit aux évêques catholiques polonais. C’était il y a une dizaine de jours. Une demande de pardon qui s’ajoute à d’autres, de la part d’un corps ecclésiastique rattrapé et secoué par les affaires de pédophilie. Pardon : c’est aussi ce qu’a demandé Emmanuel Macron, en septembre, à la veuve de Maurice Audin, ce militant communiste mort après avoir été torturé par l’armée française pendant la guerre d’Algérie.

Publicité

La torture : un "système légalement institué" selon les mots du chef de l’Etat. Une façon de reconnaître une responsabilité collective, et donc de demander pardon au nom de la société française

Ces démarches, pour être aujourd’hui fréquentes, n’en sont pas moins spectaculaires. Elles donnent raison aux victimes, et même si elles le font souvent avec retard, ce n’en est pas moins une reconnaissance importante de leur souffrance. Un tel processus est essentiel, mais est-il suffisant ? Qu’en est-il de la punition des coupables ?

"Demander pardon vaut-il réparation ?"

Articles :

Abus sexuels : Après la condamnation de Mgr Fort, “les évêques savent que leur silence est une fausse charité” : interview d'Alain Christnacht par Sophie Lebrun pour lavie.fr, le 23/11/2018.

Tribunes :

[abonnés] 11-Novembre : « De l’importance de réussir une réconciliation après un conflit dévastateur » : tribune d'Alain Doss et de Scott Weber pour Le Monde, le 06/11/2018.

Liens :

Plaidoyer d’un philosophe pour un pardon modeste : entretien paru dans le livre "Mille pardons" de Guillemette de Sairigné et retranscris sur le blog d'Olivier Abel.

L'Invité(e) des Matins
45 min
Journal de 22h
14 min

Dossier La Croix :

Demander pardon vaut-il réparation ? : page dédiée au débat du jour sur le site de La Croix.

« La demande de pardon peut favoriser l’évitement de la responsabilité » : propos de Sandrine Lefranc recueillis par Élodie Maurot, le 29/11/2018.

« La demande de pardon doit être une parole intimidée » : propos d'Olivier Abel recueillis par Élodie Maurot, le 29/11/2018.

En partenariat avec La Croix et co-présenté par Guillaume Goubert

Logo La Croix
Logo La Croix
- La Croix

L'équipe