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émission à Anvers
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émission à Anvers © Eric Gérard / RF

La Belgique n'a plus la frite... Plus de quatre mois après les élections générales, les partis belges arrivés en tête, chrétiens-démocrates en Flandre et réformateurs libéraux en Wallonie, colaition dite de « l'orange bleue », ne sont toujours pas parvenus à un accord de gouvernement. Ils s'en sont même éloignés encore un peun plus hier soir, lors d'une séance houleuse de la Commission « BHV » de la Chambre des députés. La dissolution de ce fameux arrondissement « Bruxelles-Hal-Vilvorde » est en effet l'une des principales exigences des Flamands. Or les députés wallons ont quitté collectivement la Commission hier soir pour protester contre la volonté manifeste des Flamands de passer en force sur ce dossier hyper-sensible. Pendant que les négociations s'éternisent, s'enlisent, les frustrations s'accumulent en Flandre et l'inquiétude croît en Wallonie. Les griefs sont connus : les Flamands, qui ont modernisé avec succès leur économie en la réorientant vers les services, ces Flamands qui connaissent le plein-emploi et sont parvenus à faire fondre leur dette publique, ne veulent plus payer pour la Wallonie, qu'ils accusent de laxisme, de gaspillage et de corruption. Ils veulent passer du système fédéral actuel à un système confédéral. Ils voudraient pouvoir baisser le niveau de l'impôt sur les sociétés pour rendre leur économie encore plus compétitive - plutôt que de payer pour les chômeurs wallons - qui ne se précipitent pas, souligne-t-on à Anvers, pour venir occuper les 150 000 emplois non pourvus qui existent en Flandre. Les Wallons répliquent que les minorités linguistiques francophones en Flandre sont désormais traités comme des citoyens de seconde zone. Les Wallons prêtent aux Flamnds l'intention cachée de ménager, via une confadéralisation du pays, une transition vers l'indépendance de la Flandre. Le cas belge est exemplaire. Toute l'Europe a les yeux tournés vers ce pays-pilote de la construction européenne. D'une part, parce qu'on a là un condensé de la fracture entre les « deux Europes » : celle du Nord, tournée vers les nouveaux marchés ouverts par la mondialisation ; une Europe qui a su réformer son modèle social et faire reculer le chômage ; celle du Sud, dont nous, Français, faisons partie, qui se débat entre chômage de masse et dette publique vertigineuse, qui traîne comme un boulet un modèle social injuste et qui n'est plus financé. La Belgique est en outre un laboratoire de l'Europe dont rêvent encore les fédéralistes. Comment pourrions-nous continuer à croire en l'Europe unie, si Wallons et Flamands ne parvenaient pas à continuer de vivre ensemble ? On dira que la crise actuelle est injuste : les Wallons ont pris conscience de leurs retards et sont précisément en train de chasser les vieux démons de la corruption, et à réformer un système d' incitations « sociales » à préférer le chômage à l'activité. Les municipalités corrompues, comme celle de Charleroi, pompe à finances des dirigeants socialistes wallons, ont été chassées par les électeurs. Le parti arrivé en tête en Wallonie est ce nouveau Mouvement Réformateur, issu des libéraux, avec un programme de modernisation économique et social. Est-ce déjà trop tard ?

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Brice Couturier
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