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Il y a d'abord eu le Haut-Commissariat aux Réfugiés qui a exprimé sa vive préoccupation à propos de quelques 230 personnes secourues en mer au mois d'août par des vedettes de la patrouille maritime italienne et renvoyées en Libye sans aucune évaluation. Il y a aujourd'hui l'inquiétude de l'organisation Human Rights Watch dont le dernier rapport fait état de mauvais traitements intentionnels à l'encontre des migrants. Organisation qui demande à l'Italie de ne plus refouler vers Tripoli les migrants qu'elle intercepte avant d'avoir vérifié qu'ils ne puissent bénéficier d'un statut de réfugiés. L'attitude de Rome est d'autant plus sujette à caution que la Libye détient les migrants dans des conditions dégradantes et inhumaines. Ces renvois automatiques qui semblent se multiplier et qui violent ouvertement la Convention de Genève sur l'asile, ont ému même le Vatican. Il faut dire que le sort réservé aux migrants soulève l'indignation : une représentante du HCR a précisé à propos des survivants d'une embarcation qui avait passé 20 jours en mer qu'aucun des bateaux qu'ils avaient croisés ne les avaient secourus. Or, rappelait-elle, « porter secours est un principe fondamental du droit maritime. Cela veut dire qu'aujourd'hui la peur ou l'indifférence sont plus forts que les coutumes maritimes ». Ces pratiques indignes, il serait trop facile de laisser l'Italie en porter l'entière responsabilité. Les projets de l'Union pour déplacer graduellement les procédures d'asile sur la rive sud de la méditerranée ne sont-ils pas, eux-aussi, en cause ? Et pour poser la question crûment : l'Europe est-elle prête, pour traiter efficacement les flux migratoires, à déroger aux conventions internationales, prête aussi à trahir ses propres principes ?

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L'équipe

Julie Clarini
Production
Brice Couturier
Brice Couturier
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Francesca Fossati
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Mathieu Sarda
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