France Culture
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Pour enrayer la chute des ventes de disques qui se poursuit inexorablement, on apprenait la semaine dernière qu'Universal Music compte vendre ses CD moins cher dès le deuxième trimestre 2010 : les prix seraient fixés entre 6 $ à 10 $. Des versions dites "deluxe" resteraient dans les bacs parallèlement à des prix plus importants. L'opération concernera-t-elle la France, c'est une inconnue pour l'instant. Ce qui est certain, en revanche, c'est que la major a de nouveau enregistré de mauvais résultats cette année : le chiffre d'affaires de sa division « musique enregistrée » a baissé de 9 %. Ce repli cache, en fait, un nouvel effondrement des ventes de CD (- 13,6 %) qui n'a pas été compensé, loin de là, par la progression des ventes sous format numérique (+ 5,8 %). Rien d'original : toutes les maisons de disques sont confrontées à ce phénomène. Mais Universal se singularise en faisant le pari de se maintenir dans la course, non pas en améliorant son offre numérique, mais en freinant la lente érosion des ventes de CD. « Nous pensons que cela va vraiment susciter une nouvelle vie pour le format physique », a déclaré dans la presse américaine son directeur général de la distribution. Ces nouveaux tarifs vont peut-être en effet ralentir la chute du marché, mais peuvent-ils renverser la tendance ? Car pourquoi un consommateur se déplacerait-il pour acheter un album quand il peut télécharger d'un coup de clic le single qui l'intéresse ? Pourquoi irait-il acheter en grande surface ce qu'il peut trouver par ailleurs gratuitement ? L'initiative d'Universal Music pose à nouveau la question que l'industrie du disque peine à résoudre : comment convaincre de revenir à un circuit marchand ceux pour qui, et ils sont nombreux parmi les jeunes, la musique relève de l'échange et de la gratuité ?

Références

L'équipe

Hervé Gardette
Hervé Gardette
Hervé Gardette
Production
Céline Leclère
Collaboration
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Fanny Richez
Collaboration
Anne Kobylak
Réalisation
Cyril Baert
Collaboration