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Le CSA au coeur de la tourmente... « Absurdes », « désuètes », voilà comment ont été qualifiées par les journalistes sensés les appliquer les règles imposées aux médias audiovisuels pour le respect de l'égalité des temps de parole. Du 20 mars au 9 avril, les radios et télévisions ont en effet été tenues d'appliquer cette stricte égalité entre les douze candidats. A partir du 9 avril, elles devaient respecter l'égalité du temps de parole et du temps d'antenne, avec obligation de diffuser ces comptes-rendus, commentaires et présentations à des heures comparables. Une rigidité qui venait parfois contrecarrer les tentatives d'analyse un peu élaborée de la campagne, quand elle ne menait pas au strict contraire de son objectif : la stérilisation de la parole politique et davantage encore du débat d'idées. En ce sens la fameuse rencontre entre François Bayrou et Ségolène Royal a fait figure de sommet. Même si le CSA a démenti être intervenu auprès de Canal +, c'est bien la difficulté à mettre en place les règles imposées qui a été mise en avant par les responsables éditoriaux de la chaîne cryptée pour expliquer leur renoncement. Il leur fallait trouver le moyen de donner la parole au candidat de l'UMP dans un cadre d'expression similaire. Mission impossible, d'après eux. Bref, entre les soupçons de complaisances politiques à l'égard de la majorité (rappelons que les 9 membres qui composent le collège dirigeant ont été nommés par la droite) et la consternation que font naître dans les rédactions les règles qu'il a édictées, le CSA aura été le grand perdant de cette campagne électorale, incapable qu'il est d'assumer aux yeux de tous sa force et son indépendance. Pourtant aujourd'hui plus que jamais, la régulation du paysage audiovisuel se pose avec acuité, non seulement pour des questions de pluralisme politique comme nous venons de le voir, mais aussi parce qu'il s'agit de préserver sur nos écrans et nos antennes l'expression artistique et culturelle, autre grande mission, qui réclame que l'institution parvienne à se faire respecter du monde de l'audiovisuel et de la classe politique.

Références

L'équipe

Hervé Gardette
Hervé Gardette
Hervé Gardette
Production
Céline Leclère
Collaboration
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Fanny Richez
Collaboration
Anne Kobylak
Réalisation
Cyril Baert
Collaboration