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« Faut-il jouer Montaigne sur instrument d'époque ? et si oui, pour quelles raisons ? » Michel Onfray pose la question dans sa préface à ce qui relève d'un exercice assez insolite et qui sort ces jours-ci aux éditions Flammarion : la traduction de deux essais de Montaigne d'après le texte de la traduction japonaise. Autant dire qu'il s'agit d'une transposition libre, forcément libre, comme en ricochet, mais qui garde (c'est mon point de vue) un certain charme. Mais évidemment, en lisant cette traduction de traduction, j'ai perdu au passage la joie de rencontrer des mots que la langue moderne a laissé sur le chemin de l'histoire, bien à tort parfois ; j'ai perdu aussi la satisfaction de retrouver une familiarité, au rythme des pages, avec la syntaxe d'une langue encore tellement proche du latin. Mais ces petits plaisirs ne sont-ils pas, pour le dire avec les mots de Montaigne, des plaisirs d'« entregloseurs » ? Qu'aurait répondu Montaigne : faut-il jouer la musique baroque sur instrument d'époque ? On peut filer la métaphore avec la musique : au XIXème siècle, les mélomanes n'avaient pas tous l'occasion d'entendre les oeuvres écrites pour orchestre ou pour l'opéra. On a eu l'idée de publier des arrangements pour piano. On était loin de l'oeuvre originale mais chacun avait la possibilité de s'en faire une idée. Accessibilité contre authenticité, le débat ne cesse de renaître. L'école elle-même balance et croit trancher la question en donnant à lire de grands auteurs mais dans des textes secondaires qui présentent l'avantage d'être plus courts ou plus faciles. On en regretterait les versions abrégées de la « Bibliothèque verte »...au moins dans leurs pages on avait la chance de rencontrer Jean Valjean...

Références

L'équipe

Hervé Gardette
Hervé Gardette
Hervé Gardette
Production
Céline Leclère
Collaboration
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Fanny Richez
Collaboration
Anne Kobylak
Réalisation
Cyril Baert
Collaboration