France Culture
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Affaire Lambert. Affaire Bonnemaison. L’une n’a pas grand-chose en commun avec l’autre, mais leur télescopage dans l’actualité vient de relancer le débat, récurrent en France, de la fin de vie. La loi Leonetti de 2005 est appelée à évoluer. L’auteur de cette dernière, le député UMP du même nom, a été chargé, avec son collègue socialiste Alain Claeys, de proposer des aménagements au gouvernement d’ici la fin de l’année.

Avec
  • Charles Joussellin médecin des hôpitaux et docteur en philosophie
  • Guillaume Drago professeur de droit public à l'Université Panthéon Assas (Paris II)
  • Philippe Bataille Sociologue, directeur d’études à l’EHESS, membre du centre d’éthique clinique de l’hôpital Cochin

Affaire Lambert. Le sort de cet homme, tétraplégique suite à un accident de la route, en état végétatif depuis 6 ans, est désormais suspendu à la décision de la Cour européenne des droits de l’homme. Celle-ci a demandé hier soir qu’il soit maintenu en vie, le temps pour elle de se prononcer. Un peu plus tôt, le Conseil d’Etat avait jugé légale la décision médicale de mettre fin aux traitements du patient, en soulignant que cette décision correspondait à la volonté exprimée par celui-ci avant l’accident.

Affaire Bonnemaison. Ce matin, l’ancien médecin urgentiste de l’hôpital de Bayonne a été acquitté par la Cour d’assises de Pau. L’avocat général avait requis 5 ans de prison avec sursis contre Nicolas Bonnemaison, poursuivi pour avoir abrégé la vie de 7 de ses patients. Les jurés ont considéré que l’intention d’homicide n’était pas établie.

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Philippe Bataille, Charles Jousselin et Guillaume Drago
Philippe Bataille, Charles Jousselin et Guillaume Drago
© Radio France - JCF

Dans l’affaire Lambert, l’appareil judiciaire est mis au premier plan. Une dérive pour certains, qui voient dans cette succession de décisions, une judiciarisation excessive de la pratique médicale. Dans l’affaire Bonnemaison, ce sont les soignants qui sont –indirectement-confortés dans leur rôle décisionnaire. Le médecin urgentiste n’aurait pas dû agir seul, sans en informer les familles, mais la place du soignant dans ce délicat processus n’est pas remise en cause.

Il ressort de cette double actualité un sentiment de confusion. Est-ce à la justice de décider de la fin de vie ? Davantage qu’aux médecins, qu’à la famille ? Davantage qu’au principal concerné, à savoir le patient ?

« Fin de vie : à qui appartient la décision ? ». C’est notre sujet du jour.

L'équipe

Hervé Gardette
Hervé Gardette
Hervé Gardette
Production
Céline Leclère
Collaboration
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Fanny Richez
Collaboration