Une infirmière et une patiente du service gériatrique de l'hôpital d'Argenteuil, en 2013
Une infirmière et une patiente du service gériatrique de l'hôpital d'Argenteuil, en 2013  ©AFP - FRED DUFOUR
Une infirmière et une patiente du service gériatrique de l'hôpital d'Argenteuil, en 2013 ©AFP - FRED DUFOUR
Une infirmière et une patiente du service gériatrique de l'hôpital d'Argenteuil, en 2013 ©AFP - FRED DUFOUR
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Hier, le tribunal administratif de Paris a rejeté le recours des parents de Vincent Lambert contre la décision d’arrêter les traitements de leur fils. Un rebondissement qui relance le débat sur l’accompagnement des patients en fin de vie et le cadre légal de leur prise en charge.

Avec
  • Nicolas Hervieu Juriste en droit public et droit européen des droits de l’homme, doctorant au Centre de recherche et d'études sur les droits fondamentaux (CREDOF) à l’université de Paris Ouest Nanterre.
  • Nathalie Debernardi membre fondateur et co-présidente de l'association "Choix, citoyens pour une mort choisie", à l'origine de la pétition "Pour une loi sur le suicide assisté et l'euthanasie en France"
  • Marion Broucke infirmière dans une unité de soins palliatifs à l'hôpital Paul Brousse (Villejuif), à l'origine de l'"Appel des soignant.e.s de terrain aux députés qui veulent légaliser l’euthanasie"

Les parents de Vincent Lambert n’ont pas été entendus. Le tribunal administratif de Paris a rejeté hier un recours qu’ils avaient déposé en urgence, pour s’opposer à l’arrêt des traitements dont bénéficie leur fils. Recours rejeté.

Le médecin de Vincent Lambert, s’appuyant sur un avis récent du Conseil d’Etat, a annoncé la semaine dernière la mise en place d’une sédation profonde et continue, jusqu’au décès de son patient, en état végétatif depuis des années.

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D’autres recours sont-ils encore possibles ? Le Comité international des droits des personnes handicapées a demandé à la France de suspendre cette décision, sans que cette demande ait de valeur contraignante. Les parents de Vincent Lambert en appellent désormais au Défenseur des droits. Peut-être l’ultime recours dans une affaire qui relance régulièrement le débat sur l’arrêt des traitements, l’euthanasie et les soins palliatifs.

La France a pourtant modifié récemment, en 2016, sa législation sur la fin de vie, en rendant par exemple contraignantes les directives anticipées. Mais cette évolution des textes ne semble pas en mesure de répondre de manière irréfutable à l’ensemble des cas. Est-ce une lacune ? Ou au contraire un espace nécessaire pour apprécier les situations au cas par cas ?

« Fin de vie : faut-il mieux encadrer l’arrêt des traitements ? »

Vidéos :

Marion Broucke :

50% des patients cancéreux reçoivent des chimiothérapies dans les 15 derniers jours de la vie.

Nathalie Debernardi : 

La loi Claeys-Leonetti permet aujourd’hui la mise en place de la sédation profonde et continue qui permet une aide à mourir dans des conditions très précises qui ne sont pas suffisantes pour tout le monde

Nicolas Hervieu :

20 à 40% des personnes qui devraient être en situation d’accéder aux soins palliatifs n’y ont pas accès. Donc il y a un problème matériel de moyens plus que de problème juridique.

Articles :

"Affaire Vincent Lambert : "Les décisions sont aujourd'hui définitives", estime l'avocate du neveu, favorable à l'arrêt des soins", France Info, le 16/05/2019

"Fin de vie : que dit la loi ?", Le Monde, le 10/04/2018

Opinions :

[abonnés] "Il ­convient de donner aux malades en fin de vie la libre disposition de leur corps", Le Monde, le 28/02/2018

"On ne devrait plus mourir mal en France en 2018", Marion Brouckez pour France Info, le 25/09/2018

"Affaire Vincent Lambert: 'C’est l’histoire sans fin'", Nicolas Hervieu pour 20 Minutes, le 25/04/2019

Liens :

"Légalisation de l'aide active à mourir", pétition en ligne lancée par Nathalie Debernardi via Change.org

"Appel des soignant.e.s de terrain aux députés qui veulent légaliser l’euthanasie", pétition en ligne lancée par Marion Broucke via Change.org

L'équipe

Hervé Gardette
Hervé Gardette
Hervé Gardette
Production
Antoine Dhulster
Collaboration
Antoine Tricot
Production déléguée
Virginie Le Duault
Collaboration
Peire Legras
Réalisation
Fanny Richez
Collaboration