France Culture
France Culture
Publicité

Emission présentée par Mélanie Chalandon

Face à une attaque violente dans l’espace public les mots ne sont pas toujours faciles à trouver. Les mots justes encore moins. Les 20, 21 et 22 décembre se sont succédées en France trois agressions faisant plusieurs blessés et au moins un mort. A Joué-les-Tours, un homme a été abattu après avoir blessé trois policiers dans un commissariat. Le lendemain, à Dijon, un autre a fauché plusieurs passants avec sa voiture, et enfin à Nantes, un homme a foncé dans un chalet de marché de Noël avec sa camionnette. Dans les trois cas, l’auteur est un homme qui a agi seul. À Dijon, l’homme portait une djellabah et a crié plusieurs fois « Allahu Akbar » – "Dieu est le plus grand", en arabe – mais a dit ne pas avoir agi pour des raisons religieuses. Alors, de quoi s’agit-il ? Les autorités doivent trancher et vite.

Publicité
Denis Salas
Denis Salas
© Radio France

Ce sera « agression à caractère terroriste » pour celle de Joué-les-Tours – où les faits ont d’ailleurs été remis en question par des témoins qui parlent d’une interpellation plutôt que d’une agression – et « acte de déséquilibrés » pour les deux autres.

Mais la succession des faits, dans un contexte de menace d’attentat djihadiste mondial a nourrit les doutes. S’il s’agit de déséquilibrés, en quoi cela les empêcheraient d’être aussi des djihadistes ? La différence entre terroristes et malades mentaux a-t-elle encore un sens ?

"Mal nommer les choses, c'est ajouter aux malheurs des hommes" disait Albert Camus. Au-delà des ces trois actualités récentes, disposons-nous seulement des moyens de nommer les choses dans un monde où le terrorisme au nom de l’islam radical est devenu une nébuleuse plus qu’une organisation, voire une bannière pour n’importe quel acte violent

C’est alors que les grilles de lectures se font concurrence : éditorialistes qui parlent d’ennemis de l’intérieur, internautes qui se demandent ce que signifie un « déséquilibré ». Les chercheurs sont alors sommés de donner les critères pour reconnaitre un terroriste, les responsables religieux ceux des fous de Dieu et les psychiatres ceux des fous tout court. Sans compter la voix de l’auteur de l’acte lui-même dont la revendication ne correspond pas toujours à celle du reste de la société.

« Folie ou terrorisme, qui peut qualifier les faits ? »

C’est notre sujet du jour.

Suivez-nous aussi sur

[

twitter
twitter

](http://twitter.com/grain_a_moudre "Du Grain à moudre sur Twitter")

L'équipe

Hervé Gardette
Hervé Gardette
Hervé Gardette
Production
Céline Leclère
Collaboration
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Fanny Richez
Collaboration