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Un chiffre résume à lui seul l'importance que revêtent aujourd'hui les flux migratoires. Si on en croit le Fonds Monétaire international - 208 milliards de dollars circulent chaque année entre les diasporas et leurs pays d'origine. Cette somme comprend les salaires versés aux immigrés qui ne résident pas de façon durable à l'étranger - et tout argent que les expatriés renvoient chez eux - de façon très officielle (via des banques comme la Western Union par exemple). Or ces 208 milliards de dollars - représentent le double de l'aide publique au développement consacrée par les pays du Nord à leurs voisins du Sud. Une manne donc, à laquelle il faut sans doute ajouter un nombre important de denrées et de liquidités transportées par les migrants eux-mêmes, qui rentrent (physiquement) au pays. Cette main d'oeuvre, ou ces cerveaux, expatriés constituent - on le voit bien - une véritable source de richesse. Mais à qui profite-elle ? Et quels bénéfices peuvent en tirer les pays d'origine ? Parviennent-ils à faire fructifier ces investissements, à créer une croissance dynamique grâce à eux où la dépendance à l'égard des diasporas constitue-t-elle au contraire un danger ? Ici d'autres éléments doivent nourrir la réflexion. Et ils sont assez inquiétant. Car - même si on l'oublie parfois en France - les pays les plus pauvres ne fournissent pas qu'une simple main d'oeuvre aux pays riches. Ils lui apportent aussi leurs cerveaux. Ainsi aux Etats-Unis, (d'après les données rapportées par Jean-Baptiste Meyer et Valéria Hernandez) dans les activités de recherche et développement - les étrangers venus du Sud représentent 18% du total de cette communauté scientifique. Evidemment chaque zone géographique ne fournit pas le même contingent de population qualifiée. Et l'impact sur les pays d'origine est donc très variable. Ainsi les géants que sont devenus l'Inde et la Chine (dont les cerveaux sont très prisés) voient une fraction négligeable de leurs ingénieurs et chercheurs s'exiler au Nord. Sans doute moins de 5%. Mais certains pays - comme le Nigéria, l'Argentine, la Malaisie, la Turquie ou les pays les moins avancés d'Afrique - perdent en revanche ainsi jusqu'à plus de la moitié de leurs élites. Quelques uns bien sûr retournent dans leurs villes et villages, une fois le diplôme en poche. D'autres constituent - dans les pays d'accueil - des réseaux d'entre-aide, qui servent aussi au développement de leur patrie. Mais quel est justement l'impact de ces organisations ? Faut-il s'appuyer sur elles pour aider les pays les moins développés à prendre le chemin de la croissance. En marge d'un atelier qui s'est tenu vendredi dernier au CERI - le Centre d'Etudes et de Recherches Internationales de Sciences-Po - nous avons voulu poser cette question Du développement : est-il possible par l'exil ?

Références

L'équipe

Hervé Gardette
Hervé Gardette
Hervé Gardette
Production
Céline Leclère
Collaboration
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Fanny Richez
Collaboration
Anne Kobylak
Réalisation
Cyril Baert
Collaboration