L'école d'aujourd'hui : ignorer les différences ou promouvoir la diversité ?

France Culture
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Avec
  • Josiane Sberro
  • Gaston Kelman
  • Laurence De Cock Historienne, professeure, membre du Comité de Vigilance face aux usages publics de l’histoire.
  • Jean-Christophe Attias directeur d'études à l'Ecole Pratique de hautes Etudes (Sorbonne)
  • Sébastien Ledoux Chercheur en histoire contemporaine à l'université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne et enseignant à Sciences Po Paris, spécialiste des enjeux de mémoire

L'école de la République est plurielle, chacun le sait, surtout dans les grandes villes, nos têtes blondes sont depuis plusieurs décennies de toutes les couleurs. Cette multitude d'origine et d'identité est bien sûr une richesse : c'est un lieu commun, tout le monde est d'accord. Mais le débat commence juste après, à l'orée de cette affirmation bien pensante. Que fait-on de cette diversité ? Les enseignants doivent-ils ignorer cette réalité ou s'y adapter ? On peut considérer que l'école est le lieu par excellence de la rencontre, qu'elle a le devoir d'explorer et de transmettre aux élèves venus d'ailleurs, souvent déracinés, une culture dont ils sont la plupart largement ignorants. Au maître ou au professeur, il revient de jouer avec leurs ancrages singuliers pour créer un espace commun de dialogue. Certaines équipes pédagogiques vont plus loin encore et cherchent à puiser dans les cultures d'origine de leurs élèves des leviers pour les aider à entrer dans les apprentissages, quitte à avoir recours aux marabouts. Mais le risque, bien sûr, est d'assigner définitivement les élèves à une figure d'éternel étranger. On peut éviter ce risque en ignorant totalement cette pluralité. C'est le discours républicain dans lequel ont été formés la plupart des enseignants de l'Education Nationale. On passe outre les différences de surface pour s'adresser à la matière grise, si j'ose dire « universellement grise ». Mais là non plus, on évite pas certains écueils : la sociologue Françoise Lorcerie faisait remarquer, dans un dossier du Monde de l'Education, que la communauté enseignante, tout en ignorant la pluralité dans ses cours, développe, sans en être vraiment consciente du reste, une interprétation « ethnique » des difficultés rencontrées par les élèves :, elle a tendance à naturaliser les problèmes et à les renvoyer aux origines de son public. C'est pourquoi il faut aujourd'hui interroger le rôle de l'école dans la formation du creuset national au 21ème siècle. C'est l'objectif de la deuxième édition du « Paris du vivre ensemble », un événement proposé par Esther Benbassa et Jean-Christophe Attias, dont France Culture est partenaire. Si le modèle d'intégration républicain vacille, pour les organisateurs il faut enfin en prendre acte et réfléchir aux moyens de répondre aux nouveaux défis d'une société multiculturelle ; demain toute la journée à la Sorbonne, se succéderont des tables rondes pour chercheur comment écrire et enseigner la pluralité à l'école. Nous en débattons, précisément, aujourd'hui avec exceptionnellement 5 invités.

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