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L'Organisation mondiale de la santé en parle comme d'une épidémie gravissime. Elle n'est pas contagieuse au sens propre du terme, mais se répand de façon dramatique à l'échelle planétaire. L'obésité (et sa forme moins extrême qu'on nome le surpoids) frappe : la moitié des Canadiens, 66% des Américains, 4 Polonais sur 10 (même chose en Roumanie ou au Maroc) pour ne citer que quelques pays. Il existe dans le monde aujourd'hui : 300 millions d'adultes obèses et près d'1 milliard personnes (cad. un cinquième de l'humanité) souffrent d'une surcharge pondérale. La France s'est longtemps crue à l'abri de ce phénomène. Mais ce n'est plus le cas. L'épidémie (puisque c'est le terme employé par les médecins) connaît un rythme de croissance effrayant. (plus 5,7% chaque année ) ce qui veut dire que dans moins de trente ans, si nous ne faisons rien nous aurons rejoint les américains. Quelques chiffres encore pour prendre la mesure de l'accélération. En 1980, 6 % des français étaient obèses aujourd'hui ils sont 12%. Pire, la proportion des enfants touchés par ce fléau ...rejoint celle des adultes : 12% là encore! C'est-à-dire 1 million et demi de bambins âgés de 5 à 12 ans - qui vivent avec cette maladie. Et les experts estiment qu'un tiers à peine d'entre-eux parviendra à s'en sortir à l'âge adulte. Evidemment cette catastrophe sanitaire a un coût. Estimé à 10 milliards d'euros par an, pour la France. Car les personnes obèses consultent souvent le médecin. Selon les statistiques de l'assurance maladie, elles font quart de visites et consomment 40% de médicaments en plus. Car l'obésité est synonyme de maladies cardio-vasculaires, d'insuffisances respiratoires, de diabètes, de probabilité d'attaques cérébrales et j'en passe L'obésité est aussi un fléau très inégalitaire. Elle touche en particulier les foyers modestes. Les enfants de cadres par exemple, sont 6% à souffrir d'obésité (c'est moitié moins que la moyenne). Mais les enfants d'ouvriers et de chômeurs comptent 23% d'obèses. (ce sont le chiffres du chef du service de nutrition de l'Hôtel Dieu à Paris) Si on a longtemps accusé la génétique - si deux équipes de chercheurs ont d'ailleurs isolé un gène particulièrement actif, nommé FTO - qu'on retrouve effectivement chez un quart des personnes obèses - les médecins savent que les causes d'une surcharge pondérale sont toujours multiples : Notre mode de vie qui s'est sédentarise, une forme de mimétisme aussi (une étude américaine a montré qu'un individu qui a des amis obèses a 57% de risques en plus de le devenir). Mais la cause majeure de ce mal pernicieux est sans aucun doute l'alimentation. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que les pouvoirs publics ont longtemps ignoré cette réalité. La loi sur la santé publique, adoptée en 2004 - a été l'objet d'âpres batailles. Le lobby des industries alimentaires - notamment - a tout fait pour minimiser la portée des différents remèdes. Ainsi l'interdiction de la publicité alimentaire dans les programmes pour enfants - a été évitée. C'est pourtant le choix d'autres pays comme la Suède, le Québec, ou tout récemment de la Grande-Bretagne. Mais la France a préféré insérer - sous les pubs pour les céréales ultra-sucrées (par exemples)- un message disant « pour votre santé mangez 5 fruits et légumes par jour ». C'est dire si la réponse paraît totalement insuffisante et disproportionnée face à l'énormité du fléau sanitaire qui s'annonce.

Références

L'équipe

Hervé Gardette
Hervé Gardette
Hervé Gardette
Production
Céline Leclère
Collaboration
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Fanny Richez
Collaboration
Anne Kobylak
Réalisation
Cyril Baert
Collaboration