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Le sait-on assez en ces temps où l'espace public est saturé de « niqab » et de « burqa » ? Le mot « jupe » vient du mot arabe « djoubba » qui désigne une sorte de robe que le prophète aurait portée, quelque chose comme la « veste du dessous ». Ironie des étymologies car aujourd'hui la jupe et le « niqab » non seulement ont oublié leur origines communes mais se croisent sans se fréquenter. Il serait facile de dépeindre le champ du féminisme français en ce début de 20ème siècle comme une bataille rangée entre les tenants du droit à porter la jupe et ceux du droit à porter le voile. Ironie de l'histoire maintenant, la jupe a longtemps été décriée pour être un indice de soumission au désir masculin. Rappelons qu'il fut un temps où il fallait demander une autorisation pour porter le pantalon, George Sand elle-même avait dû s'y soumettre. Aussi le renversement actuel est-il bien étonnant : le retour d'un certain sexisme dans les cours de récré comme en bas des immeubles enjoint parfois les jeunes femmes à se couvrir les jambes. Pour ne pas prêter le flanc aux moqueries ou aux affronts, mieux vaut éviter les signes de féminité qui vous désigneraient comme une « fille facile ». Le film, La journée de la jupe, sorti il y a exactement un an, inspiré par la montée de ces nouvelles tensions, fut décrié comme caricatural. Il a pourtant conquis un public de plus de 2 millions de spectateurs et a valu un césar il y a quelques jours à son actrice principale Isabelle Adjani. Les féministes l'ont toujours dit : elles se battent pour l'égalité des droits, pas pour porter la culotte. Mais l'égalité passe-t-elle par le port de la jupe ? En tout état de cause, reprenons, comme fil rouge, l'interrogation de l'une des nos invitées, l'historienne Christine Bard : la jupe mérite-t-elle de devenir l'emblème contemporain de la liberté des femmes ?

Références

L'équipe

Hervé Gardette
Hervé Gardette
Hervé Gardette
Production
Céline Leclère
Collaboration
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Fanny Richez
Collaboration
Anne Kobylak
Réalisation
Cyril Baert
Collaboration