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Arcelor racheté par Mittal, l'OPA de Sanofi sur Aventis, l'impossible fusion Suez-GDF, et maintenant la catastrophe Airbus-EADS, le gouvernement sortant n'aura pas eu de chance avec sa politique industrielle... La droite s'en méfie. Elle privilégie le bon fonctionnement des marchés et redoute dls usines à gaz, bricolées par des énarques dans les cabinets ministériels. La droite ? La droite libérale, en tous cas, n'oublions pas que l'âge d'or du colbertisme industriel coïncide avec la présidence de Georges Pompidou. Reste que l'année 2006 aura été celle du grand come-back de la politique industrielle. Pourquoi ? D'abord parce qu'à force de nous répéter que les gouvernements des pays les plus libéraux, loin de s'en remettre aux seules forces du marché, ne renoncent aucunement à donner des petits coups de pouce aux filières industrielles qui leur paraissent d'un intérêt stratégique, le message a fini par passer. Ainsi le rattrapage américain dans les secteurs de la haute technologie devrait beaucoup à une mobilisation générale du secteur sous impulsion publique, mise en oeuvre par Bill Clinton, sur les conseils de la présidente de son Conseil Economique, Laura Tyson. Le récent grand retour de l'Allemagne sur la scène du commerce mondial aurait, de son côté, été largement le fruit d'une politique de spécialisation industrielle sur des créneaux en forte demande dans les marchés émergents. Mais le thème de la politique industrielle est également martelé sur différents tons par les principaux candidats aux présidentielles pour une mauvaise raison : c'est parce que tous les clignotants sont passés au rouge. Le rythme de progression notre production industrielle tourne actuellement autour de 1%, contre 6 % environ pour l'Allemagne. Pourtant, de nombreux économistes demeurent méfiants envers les plans de sauvetage de nos champions du CAC 40, annoncés sur les marches de l'Hôtel Matignon. Les interventions gouvernementales peuvent, en effet, se révéler désastreuses. Le patriotisme économique est un « poison qui se réduit un mélange de nationalisme et de protectionnisme » et qui « emporte l'Europe dans une spirale de régression », écrit ainsi Nicolas Baverez dans Le Point à propos du désastre Airbus. Se pose en outre des questions stratégiques : des champions nationaux peuvent-ils avoir la puissance requise par l'échelle nouvelle de la mondialisation, ou faut-il viser dorénavant la dimension européenne ? Et aussi : à force de se focaliser sur ces fameux « champions » du CAC 40, qui n'ont bien souvent de français que leur siège social, n'avons-nous pas laissé en friches notre tissu de PME ?

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Brice Couturier
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