France Culture
France Culture
Publicité

Le déclassement est-il une affaire de perception ou bien une réalité objective ? Pour Eric Maurin, la grande peur des Français face au « descenseur social » tient moins au risque statistique d'y tomber - il est relativement faible -, qu'à l'ampleur des dommages qu'on subit, dans notre pays, lorsqu'on perd son emploi. La Suédoise Anna Stellinger l'avait montré dans une étude, publiée il y a trois ans : la France est paradoxalement l'un des pays d'Europe où la protection des emplois existant est la plus forte et où le sentiment d'insécurité sur le marché du travail est le plus élevé. Du coup, la mobilité sociale est faible, chacun s'accrochant à ses maigres avantages. Jean-Marc Vittori nous dépeint, lui, un monde où les classes moyennes tendent, au contraire, à rétrécir sans cesse, du fait des changements intervenus dans les modes de production. L'escalier mécanique, qui emmenait tout le monde vers le haut à l'époque de la production de masse, est en panne. L'économie des services exige des petites équipes, souples et mobiles, non hiérarchisées ; elle est incapable d'offrir les emplois stables de naguère. Les classes moyennes sont donc condamnées. La société ne prend plus la forme de la pyramide, mais du sablier, avec une grosse minorité de gagnants, attirés vers le haut, et une « classe de masse », dans laquelle la majorité des couches moyennes est destinée à chuter. Alors, quel avenir pour ces fameuses « classes moyennes », base de masse de notre République ?

L'équipe

Hervé Gardette
Hervé Gardette
Hervé Gardette
Production
Céline Leclère
Collaboration
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Fanny Richez
Collaboration
Anne Kobylak
Réalisation
Cyril Baert
Collaboration