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Plusieurs centaines de milliers de foyers américains ont déjà perdu leur maison suite à la crise des subprimes et leur nombre pourrait atteindre les deux millions au cours de cette année. L'Espagne a déjà perdu 900 000 emplois en un an. L'Allemagne, qui se vantait de ses récentes victoires sur le front de l'emploi et du commerce extérieur, vient de rattraper le cap symbolique là-bas des 3 millions de chômeurs. Depuis le début de l'année, la livre sterling britannique - que nombre d'experts voyait atteindre les 2 euros avant la fin 2009 - a perdu le quart de sa valeur et s'échange à présent à peu près au cours de l'euro... Et la France ? La France, qui ne s'est spécialisée ni dans la finance - comme Londres, la France, dont la croissance n'est pas tirée par les exportations - comme l'Allemagne, la France, dont la croissance ne repose pas non plus de manière excessive sur la construction - comme l'Espagne, la France s'est offert le luxe d'une ultime croissance positive (très faiblement) au 3° trimestre 2008. Certes, le chômage remonte, mais lentement, pour l'instant. Bref, « jusque-là, ça va », comme disait le personnage qui tombait du haut de son immeuble en arrivant à la hauteur du 2° étage... Est-ce à dire que le fameux « édredon français » pourrait amortir le choc ? Tout ce qui était décrit comme lourdeur et handicap semble soudain faire office d'amortisseur de crise. Les ménages ont moins recours à l'endettement pour financer leur consommation ? Cela nous laisse quelques marges de manoeuvre et pourrait compenser l'envol des déficits publics. Notre droit du travail est plus rigide que celui des Danois ou des Hollandais ? Cela empêche nos entreprises de licencier à tour de bras. Le poids de la fonction publique est disproportionné ? Autant de ménages qui ne dépendent pas des carnets de commandes des entreprises. Même chose pour les retraités ou pour les 6 millions de nos concitoyens qui vivent des minima sociaux. Notre commerce extérieur n'est ni très fameux, ni spécialisé ? Tant mieux, nous souffrirons moins que l'Allemagne, spécialiste de la machine-outil. Bref, si tout ce qui était considéré, en période de vaches grasses comme des handicaps, apparaît comme des atouts en période de vaches maigres, est-il aussi urgent qu'avant de poursuivre les fameuses « réformes » ?

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Brice Couturier
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