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Une grande stabilité générale, c'est le pronostic des experts pour la prochaine composition du parlement européen. Une fois de plus, nous aurons une répartition des sièges à l'allemande avec deux grands partis, le PSE à gauche et le PPE à droite, et un centre composé de libéraux, qui sera sollicité pour donner la majorité à l'un ou à l'autre camp. Une configuration qui, bien sûr valorise le compromis. D'ailleurs, il n'est pas exceptionnel à Strasbourg de voir le parti de droite et celui de gauche voter ensemble - ce qui au niveau national nous paraitrait contre nature. Le journaliste Jean Quatremer rappelait ce matin sur notre antenne que c'est pourtant ce qui se passe dans presque 70% des cas, mais que ce n'est qu'une conséquence du fonctionnement institutionnel de l'Union : pour obliger le Conseil des ministres à tenir compte de ses amendements, le Parlement doit réunir une majorité absolue de députés. Il lui faut donc négocier un texte qui reflète au mieux l'état du rapport de force. Les débats à Strasbourg ont ainsi un faux-air de négociation syndicale : on se bat, mais avec la perspective qu'il faudra bien arriver, à terme, à un accord. Certains politologues, et quelques politiques, se demandent justement s'il ne faut pas sortir l'Europe de cette gangue. L'impression est en effet assez déplorable sur le citoyen qui en conclut que tout se gouverne au centre et qu'il est exclu de la partie, quel que soit son vote. D'ailleurs, l'effet en retour est qu'il est tenté de considérer les élections européennes comme une consultation nationale de second ordre car au moins dans ce cadre il mesure les enjeux de son bulletin. Alors, comment sortir de cette difficulté ? Les libéraux et les Verts souhaitent plus de clivages dans la politique européenne. Faut-il favoriser une évolution par laquelle le Parlement de Strasbourg tendrait à ressembler au nôtre ? Est-ce possible ?

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Brice Couturier
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